Une semaine de Wwoofing à Ocobamba / Negro Arkuna

L'idée et la prise de contact

Je suis à Lima depuis quelques jours et cherche à occuper le temps alors que Caroline part à Cusco pour son cours de Yoga Teacher. D’abord, je regarde pour aller à Iquitos au milieu de la forêt amazonienne, la plus grande ville non accessible par la route. En combinant le bus et le bateau, de Lima à Iquitos, il faut compter 4/6 jours par Yurimaguas, et de Iquitos à Cusco, 8/10 jours par Pucallpa. La route qui passe par Tingo Maria n’est pas réputée pour sa sûreté à cause du Sentero Luminoso, et le timing est un peu serré. Je ne veux pas prendre l’avion pour ne pas flinguer mon budget alors je cherche une autre destination. Nous avions évoqué le Wwoofing i.e. faire du bénévolat dans une ferme orientée sur la perma-culture, contre gîte et couverts. 
Me voici donc en train de naviguer sur le site internet à la recherche d’une ferme qui pourrait m’accueillir, droit d’inscription au Pérou 18$. J’en contacte trois qui ne me semblent pas trop loin de Cusco, ce qui me permettra de rejoindre facilement Caroline lorsqu’elle aura fini sa formation. Ma première demande à Abancay est non concluante. Le propriétaire me dit qu’il n’a pas de place en ce moment mais que je peux rester quelques jours dans la ville, en attendant que ça se libère. Ca ne me tente pas plus que ça. La deuxième demande à Ollantaytambo n’aboutit pas plus. J’ai le propriétaire au téléphone et il me dit que quelqu’un, qui est responsable de la gestion, répondra à mon email sous peu… réponse que je n’aurai jamais. Ce qui n’est pas plus mal, car s’il y a gestion, il y a surement beaucoup de passage touristique… donc pas ce que je recherche. Pour finir, celle d'Ocobamba sera la bonne. 
 
Daniel me répond rapidement et me dit que je peux être accueillie sans problème. Son cousin est actuellement à la ferme et pourra me montrer ce qu’il y a à faire. Il m’envoie un long email pour m’expliquer la marche à suivre pour m'y rendre: depuis Cusco, au paradero Sicuani, il y a un bus le mardi et le mercredi qui part à 4:00AM. Ou sinon, il y a des camions et peut-être un autre bus depuis le paradero Koripata, entre Lorena et Grau mais il n’est pas sûr pour les horaires. Une fois passé Quillicamba, la ville du coin, et Ocobamba, il faut demander au chauffeur de s’arrêter à Negro Arkuna ou Guaracuna et prendre la route à la fourchette, marcher pendant 15 minutes. La ferme se trouve là. Par acquis de conscience, je cherche Negro Arkuna sur le net, rien… L’explication, dans un anglais quelque peu approximatif, n’est pas ce qu’il y a de plus clair mais je le sens bien.

De Lima à Cusco: 22 heures de bus en classe VIP Presidencial

Bingo, je connais ma destination. Ne me reste qu’à m’y rendre…
Je rends les clés de la maison à Mirian qui m’accompagne pour prendre un taxi de Callao à Plaza Norte où il y a le Gran Terminal Terrestre qui regroupe la plupart des agences de bus. Il y a beaucoup de monde. Je fais la queue devant Tepsa pendant 1 heure et demie. Quand arrive mon tour, je demande un billet pour Cusco. Pas de place pour aujourd’hui. Cruz del Sur, non plus. Palomino Wari, toujours la même réponse. Après avoir écumé toutes les agences du terminal, je me rends à l’évidence, je ne pourrais pas partir ce jour. Evidemment nous sommes samedi, et les billets en fin de semaine sont vite vendus. Retour à Tepsa, je prends un billet pour un départ demain. Je saute dans un taxi et arrive in extremis pour récupérer les clés avant que Mirian ne parte pour le weekend. Le départ étant repoussé, je reprends vite mes marques dans le quartier, achète un ceviche pour le diner, un peu de pain et un Inca Kola. 
Dimanche, je ferme la maison, cache les clés derrière le Christ et me rends à nouveau au GTT, avec mon billet en poche. 

Pour accéder à l’embarcadère, il faut acheter un droit de passage qui varie en fonction de la destination: 1 sol pour les courtes distances, 2,50 soles pour les longues et 5 soles pour l’international. Mon bus est prévu pour un départ à 4:00PM. A 4:15PM je vois un petit combi s’approcher de la porte. L’hôtesse m’indique qu’il va me conduire au Terminal Tepsa sur Javier Prado pour prendre le vrai bus… Ah! je me disais aussi ;) 

5:30PM, on prend finalement la route. C’est un service 4 étoiles avec sièges inclinables à 160°, couverture et dîner froid servi par une hôtesse de bord. Nous quittons Lima et descendons vers le sud, direction Ica et Nasca. La nuit tombe vite. Mon voisin est un homme imposant et bruyant. Après les 3 films, j’essaie tant bien que mal de dormir. Le ronflement intensif qui me siffle dans les oreilles aura raison de mon sommeil. Mais la nuit est claire, la lune quasiment pleine. J’ouvre les yeux à intervalles réguliers entre 13 et 28 mais surtout à 22 de toutes les heures, ce qui me laissera tout le loisir d’admirer les reliefs montagneux et lunaires, l’évolution des constellations qui me sont pour la plupart inconnues à l’exception d’Orion qui se dévoile vers 4:00AM. 

Quand arrive enfin le matin, nous faisons une pause dans un petit resto-route pour un café et une banane pour moi, un plat complet pour les locaux. La route se poursuit dans les montagnes, sinueuse mais goudronnée, direction l’est cette fois, jusqu’à Abancay que nous atteignons vers 11:00AM. Le tout est encore animé de plusieurs films, je travaille fort mon castillan et reste captivée devant « Intouchables, Version Espagnole ». La vue est magnifique. J’aperçois à l'horizon les sommets enneigés et en contre-bas les vallées couleurs ocres. Mais comment dire… J’ai mal au cul. J’atteins finalement Cusco vers 4:00PM. Je suis exténuée, j’attends Caroline sur le parvis du Temple de San Blas, pour récupérer les clés de la chambre. Il fait froid, et il commence à pleuvoir. Normal, je viens d'arriver ;) Je n’ai pas le courage de remonter dans le bus du mardi pour Ocobamba tout de suite. Donc je passe la nuit à Cusco. 

Une escale à Cusco et en route pour Negro Arkuna

Je profite de mon escale à Cusco pour rattraper ma nuit de sommeil, déambuler dans les rues du centre ville et discuter avec quelques vendeurs de pacotilles qui squattent la place. Le contact est assez facile, les gens sont habitués aux touristes et parlent lentement. Le désavantage de ces zones, c'est le porte-monnaie qui se vide plus vite… 6 soles le café, le même prix qu’un menu au marché. Je rencontre Alvaro, le gérant de l’auberge et lui mentionne mon projet d’aller à Ocobamba. Ah oui, chez Daniel! C’est un ami. Il me ré-explique qu’il faut prendre le bus à 4:00AM au paradero Sicuani. Il est un peu inquiet car le quartier n’est pas vraiment sûr pour quelqu’un de seul. En fin d’après-midi, en discutant avec les résidents, je tombe sur Levi, musicien américain du Michigan, qui partage mon projet. Le hasard fait bien les choses, je trouve ainsi un compagnon de route. Alvaro est content et rassuré.
Réveil à 2:30AM pour aller à l’arrêt de bus. Le chauffeur de taxi nous demande à quel Sicuani on veut s’arrêter… Ah... il y en a deux. On choisit le deuxième. Après une demie-heure d’attente, un homme nous dit que le bus pour Ocobamba ne part pas de là. Il ne sait pas d’où mais pour sûr, pas d’ici. Ici, ils vont au Sud vers Sicuani et Ocobamba, c’est au nord. Avec Levi, on remonte la rue sur quelques blocs pour retrouver le premier arrêt, en face du Stade. Il est 3:30AM lorsqu’un autre chauffeur pour Sicuani nous confirme qu’on est au bon endroit. Et en effet, à 3:50AM un bus « Nuevo Ocobamba » s'arrête dans la rue. Le dueño nous donne un ticket pour 25 soles et on prend la route. A peine montés, un homme nous demande si nous allons chez Daniel… C’est son voisin. Yes! On est dans le bon! 

Il fait -8000°. Je ne sais plus dans quelle position me mettre pour ne pas mourir du froid qui règne dans l’habitacle. Le jour se lève, nous faisons une pause à Urubamba et avec Levi, nous nous précipitons au marché pour acheter une couverture salvatrice à 20 soles. Dieu bénisse celui qui a inventé la couverture! 

Bien au chaud, nous pouvons maintenant apprécier le paysage qui évolue. La montagne pelée, ornée de quelques maisonnettes en pierre, où paissent quelques moutons, poneys et nombreux lamas, fait place à une montagne à la forêt dense et quasi tropicale. La température grimpe en flèche et de -8000°, nous passons en quelques lacets à une bonne trentaine de degrés. Arrivés à Ocobamba, nous avons quittés polaires et couvertures. Deux hommes nous invitent à remonter dans le bus…et non c’est pas fini! Le trajet semble durer une éternité et nous ne sommes plus que 5 dans le bus. On passe un autre micro village, moins 1, et après une trentaine de minutes, le chauffeur nous invite à descendre. Il n’y a rien sauf en effet, la fameuse fourchette. Un des deux passagers restant me dit qu’il faut monter et que c’est la première maison que nous allons voir. On charge les sacs et on grimpe pendant une quinzaine de minutes pour apercevoir finalement une maisonnette blanche, entre les bananiers. 

Francisco, alias Pancho, sort des toilettes, il est surpris car il ne savait pas que des gens arrivaient. Il nous fait bon accueil et nous offre un petit plat léger qu’il vient de cuisiner: lentilles, haricots secs, pâtes, patates.  

Une semaine dans la chakra: bananes, curcuma et feux de bois

Une fois repus - et après une telle assiette, c’est facile - Pancho nous fait faire le tour du propriétaire: une cuisine au feu de bois, une chambre-tente-garage (le rêve de tout gamin), sanitaire, salle entrepôt pour la récolte et enfin la terrasse sur toit qui fait également office de chambre-tente-cabane. Puis le tour des extérieurs: les toilettes sèches au fond du jardin, le petit potager avec pied de tomates et tournesols, les champs de bananiers avec des caféiers et des yuccas dans les intervalles, des zones à curcuma, reconnaissable aux feuilles sèches… La surprise: il y a l’eau courante et l’électricité, absolument inespérées. Voilà le décor est planté, au milieu de nulle part avec quelques voisins à 5 ou 35 minutes de marche dans les hauteurs, le premier village (4 maisons et une épicerie) à 1h15 à pied et Ocobamba à 2h30 dans l’autre direction. 
Pancho est ravi que nous soyons arrivés aujourd'hui. Demain jeudi, c’est jour de marché, le seul jour de la semaine avec un peu d’animation. Nous nous levons à 5:30AM pour attraper le bus qui passe vers 6:00AM. Arrivés à la ville, Pancho va vendre les bananes qu’il a amené avec lui, et j’en profite pour envoyer 2 emails depuis le cybercafé. Nous allons tous boire un jus de fruit au marché, un repas en soi. On glandouille un moment sur la place centrale animée par le parti politique APU qui fait sa campagne ou son spectacle en fanfare. Les élections sont en Octobre. Pancho vote, mais blanc parce que les politiques, c’est de la mierda. Nous rencontrons un voisin qui me parle de sa moto avec tant de fierté que j’accepte de l’attendre pour que je le prenne en photo. Nous marchons un peu, descendons vers la rivière, mangeons un « huevo con papas y aji », et il est 11:00AM. Nous pouvons prendre un camion pour rentrer à la chakra. 
En ce premier jour, Pancho veut nous montrer comment faire à manger. Il nous montre fièrement les lentilles et les haricots qu’il a mis à tremper dans de l’eau avant de partir. Il allume le feu et nous explique que le mieux pour démarrer, ce sont les feuilles de bananiers, quand elles sont bien sèches. Une fois le feu en route, il jette le tout dans une marmite avec de l'eau. On attend. Une heure et demie plus tard, les lentilles et les haricots sont cuits, on peut commencer à cuisiner. On découpe des oignons, des tomates, de l’ail et des patates que l’on met dans un fait-tout avec quelques pâtes. On mouille à hauteur et on assaisonne le tout avec quelques pincées de sel au curcuma et une poignée d’ayachote (épice rouge qui donne de la couleur, « bonne médecine » d’après Pancho). Dès que les patates sont cuites, on ajoute les lentilles et haricots. On couvre et laisse mijoter encore une quinzaine de minutes. Pancho ne mange pas de viande, enfin sauf du poulet et du poisson. Il trouve que la manière d’élever et de tuer les animaux, c’est aussi de la mierda. Nous mangeons vers 3:00PM. 
Les mosquitos sont insupportables et profitent de chaque centimètre carré de peau qui n’est pas couvert pour faire un festin. Heureusement, ils disparaissent à la nuit tombée et nous laissent enfin un petit répit. Après une discussion autour du feu (les produits chimiques, mierda, les gouvernements, mierda, l’argent, mierda…), il est temps d’aller se coucher. Il est 9:00PM. Le confort est minimal. Nous avons une tente pour nous protéger des insectes mais pas de matelas, d'oreiller ou tout autre équipement qui pour adoucir le sol en béton. Personnellement, j'ai l'habitude et mon sac de couchage fera office de matelas. Je passe une très bonne nuit. 
Puis les journées se succèdent mais ne se ressemblent pas tout à fait. Le temps semble s’écouler bien plus lentement. Tout est lent, comme au ralenti. 

Lorsque le soleil se lève, Pancho aussi. Moi, je reste un peu plus longtemps dans le duvet, pour minimiser mon exposition aux moustiques (qui sont en fait de petits moucherons vicieux). Vers 10:00AM, on allume le feu dans la cuisine pour faire chauffer de l’eau. Le café est servi vers 11:30AM. On en profite pour cuisiner le repas du jour. Je reprends un peu la main pour minimiser l’apport de féculents et rétablir l’équilibre avec les végétaux qui se résument à avocat et carotte. Levi est devenu monsieur papaye et fait une fixation sur le four. Ca nous donnera l’occasion de jouer les apprentis boulanger/pâtissier. Le gâteau avoine/banane et le pain sont assez bons, voir très bons. Le reste de nos essais ont été beaucoup moins réussis, voir une véritable épreuve gustative… 
Nous occupons nos après-midis à aller chercher du bois, essayer de pécher les truites dans la rivière, explorer la montagne voisine pour essayer d’atteindre le sommet, rendre visite aux voisins et ne rien faire. Vers 4:00PM, un jour sur deux, nous allons soit couper quelques bananiers, soit récolter le curcuma. Nous nous couvrons de la tête aux pieds pour éviter les piqûres de guêpes, abeilles, et surtout moustiques. Le curcuma nous laisse les mains jaunes poussin et noires de terre. Les caféiers viennent d’être planter et ne donneront des fruits que l’année prochaine. La saison du yucca ne commence qu’en septembre. Nos soirées, nous les passons à discuter, faire du feu et jouer au Farkle (jeu de dés que nous enseigne Levi). 
Au cours de cette semaine, je suis enchantée et stupéfaite par la générosité des gens. Que ce soit au marché ou dans la montagne, nous sommes toujours salués chaleureusement et la discussion s'engage avec le sourire. Nous faisons la rencontre de deux de nos voisines. La première nous offre des avocats que Levi a beaucoup de mal à cueillir, tellement les arbres sont hauts, des oranges et quelques mandarines. Nous revenons le lendemain lui donner du pain et de la compote de papaye et banane, fraîchement cuisinés. Nous recevons quelques oeufs en retour. La deuxième mamita nous invite à manger avec elle une soupe de papa, yucca, riz et quelque chose qui doit être un bout de gras ranci de boeuf, servi avec un avocat. Une expérience gustative digne de Pékin Express, qui nous laissera quelques séquelles. Pour la remercier, nous ramenons avec une miche de pain, quelques bananes, oranges et un plat de lentille cuisiné avec amour. Elle nous offre le café, cultivé et torréfié maison, et nous explique comment une grande entreprise est venue leur apprendre cette culture. 
Dimanche, Pancho nous quitte. Il part à Calca faire un cours de Méditation Vipasana pendant 10 jours. Je reste seule avec Levi à la chakra. Notre rythme ne change pas. Nous allons une fois au pueblito, pour acheter quelques oeufs, crakers et pâtes. Cela nous prend 3 heures et demies. Les mosquitos me rendent chèvre et à force de les chasser en secouant la tête, je finis par me sentir poney. Mercredi, nous découvrons qu’au bord de la rivière où les rives sont larges, le courant génère suffisamment de vent pour que l’on puisse enfin tomber le T-shirt à manches longues et ne pas être la proie de tous les suceurs de sangs. Nous y passons plusieurs heures sans pour autant attraper la trucha convoitée mais apprécions le soleil sur notre peau découverte pour la première fois depuis une semaine. Lorsque nous rentrons vers 2:30PM, Antoine nous attend depuis 2 heures. Nous non plus nous n’attendions personne mais nous sommes ravis. On prépare le repas, façon Pancho pour souhaiter la bienvenue au nouveau. Puis on se lance dans la confection de pain et dérivé à la banane. On finit les cuissons vers 9:30PM, juste à temps pour aller se coucher. C’est ma dernière nuit à la chakra. 

Départ de la chakra et retour à Cusco

Réveil à 5:15AM. Je fais mon sac. Levi emballe les bananes à vendre et Antoine prépare le café. On prend le chemin vers 5:45AM pour attraper le bus de 6:10AM. 

Mon challenge du jour est de trouver le camion qui va à Cusco. D'après ce que j'ai compris, il y a un bus le lundi, vendredi et dimanche. Un camion le jeudi, vendredi et dimanche. Ou des combi tous les jours qui ne vont que jusqu'à Calca. La solution la moins chère c'est le camion à 17 soles, puis le bus à 25 soles. Le combi est à 32 soles et il faut en prendre un autre pour aller jusqu'à Cusco. 

Arrivés à Ocobamba, notre voisine vient nous saluer. Elle est toute apprêtée, magnifique. En nous voyant avec nos bananes, elle décide de nous aider et va chercher une señora qui nous achètera la moitié de notre stock. Puis elle nous recommande d'aller au marché pour vendre le reste pour des jus. Une autre femme qui a assisté à la première vente, vient à mon aide pour faire de la promotion auprès des mamies d’à côté. Encore deux grappes de vendues. Le reste sera troqué contre un bon jus de fruit (papaye, orange, pomme, banane et betterave) au stand d’en face. Puis nous allons faire les courses pour la semaine. On se pose un moment sur la place pour regarder un nouveau parti politique, le A, faire sa campagne, le tout avec un petit concert et bal. Les gars rentrent vers 1:00PM. 
J'ai trouvé mon camion mais je ne sais pas quand il part. On m'a dit 10:00AM, puis 12:00PM, puis 1:00PM. A 2:00PM, nous ne sommes toujours pas partis. Je croise la femme du chauffeur qui m'informe qu'ils ont du retard... Ah bon j'avais pas remarqué... Et donc qu'ils doivent manger avant de prendre la route. J'en profite pour casser la croûte moi aussi. L'heure du départ est maintenant fixée à 2:30PM d'après monsieur. Donc suivant l'heure péruvienne, nous décollons finalement d'Ocobamba à 3:30PM. Je sympathise avec une jeune femme, 19 ans, maman d'un petit garçon de 3 ans. Elle voyage avec sa maman, son fils et sa jeune soeur enceinte jusqu'aux yeux. Elle devient mon guide touristique personnel. Elle me trouve la meilleure place dans le camion pour voir le paysage, puis m'explique la nature, me montre les cascades et comment nouer la couverture autour de la taille pour ne pas avoir froid. Pour finir, vers 6:30PM, la nuit tombe et le froid commence à être violent. A 8:00PM, notre chauffeur a besoin de faire une pause, 30 minutes pas plus... Il nous arrête au milieu de nulle part, le froid est glacial, les deux couvertures que j'ai sur le dos ne suffisent pas et les 30 minutes se transforment en une heure et des brouettes. Au bord de l'hypothermie, je grelotte et me résigne à employer les grands moyens: je sors mon sac de couchage. La bonne idée! J'arrive enfin à me réchauffer et dormir quelques heures malgré la route chaotique. Vers 1:30AM, la femme m'appelle. Nous sommes à Cusco. Elle m'arrête un taxi. Il est tard, je ne sais pas si je pourrais rentrer à l'auberge. J'envoie un message et coup de chance, Caroline m'attend devant la porte. 

Voilà, je suis de retour à la civilisation. Suite au prochain épisode...

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Commentaires : 4
  • #1

    papa (mercredi, 27 août 2014 11:19)

    he bien semaine spartiate tant pour les transports que pour l'hebergement et la cuisine,mais surement enrichissante sur le plan humain.par contre le pain a l'air réussi ,pensons a toi pour les haricots que tu n'aime pas trop,et beaucoup de féculents pour ton régime.le travail pas trop stressant,plus de boulot a faire la cuisine que dans les champs.pour les hiens hiens t'avais pas de citrons ??. bravo encore pour ton récit cela se lit comme un roman d'aventure on se delecte.
    PS: pour la couverture tu aurais du penser a en prendre une de survie (petit léger et efficace)
    de gros bisous de nous trois

  • #2

    Anne D. (mercredi, 27 août 2014 21:39)

    Enfin des news !!! Je les attendais avec impatience . Tu nous racontes les faits c'est très bien, comme dit ton père on te lit comme un roman d'aventures. Quel est ton ressenti ? T'es heureuse ? Trouves tu ce que tu es partie chercher à travers ce voyage ? Je vous embrasse ta Caroline zen & toi . Lol !

  • #3

    Christine, Michel (mercredi, 27 août 2014 21:55)

    Une semaine rude de voyageuse au long cours .....
    La compagnie des moustiques , encore !!!! ils te poursuivent ? grosses bises de nous deux

  • #4

    Annie Alvarez (vendredi, 29 août 2014 10:11)

    De retour, je me délecte de tes aventures atypiques et enrichissantes. Ah si j'étais jeune !! C mon petit + du matin au réveil. La douche et la cabane au fond du jardin, très spartiates comme le dit papa. Prochaine étape la Bolivie je crois ?? très gros bisous