Machu Picchu, le vénérable sommet

De Coya à Ollantaytambo

Nous sommes à Coya dans une petite pension* que je recommande, tenue par la señora Damiana, son mari Oscar, qui fabrique des djembés, leurs 5 enfants, leurs 4 chiens et le chat à trois pattes fonctionnelles. Le village se trouve à une quinzaine de minute de Pisac, que nous avons visité sur la journée. La ville est pleine de charme, haut lieu touristique car première étape des tour operators qui font découvrir la vallée sacrée. L'ambiance est encore plus perchée qu'à Cusco, car la plupart des chamans y ont élu domicile. Mais le tout est un peu surfait, et je préfère de loin la tranquillité de Coya.

* 10 soles la nuit pour la bonne cause. On soutient la famille, et le projet de cours d'anglais pour les enfants. Pour s'y rendre, on prend un combi depuis Cusco, direction Calca et on s'arrête à la station service de Coya. Prendre la rue en face et la première à gauche. C'est la maison juste après l'école bleue et blanche. Pour le paiement, donnez l'argent à Damiana uniquement, car on ne sait jamais ce qu'Oscar pourra en faire.

Après avoir passé 3 nuits au calme, nous prenons la route. Un premier bus nous emmène jusqu'au terminal d'Urubamba. Et nous sautons dans un combi pour Ollantaytambo, à 25 minutes de là.

 

NB: Il est plus économique de faire Cusco - Urubamba - Ollantaytambo que Cusco - Ollantaytambo: 5,5 soles vs. 10.

L'arrivée à Ollan se fait sur une petite route pavée qui grimpe. Ca donne un air très authentique, quasi médiéval, au village. Alors que nous montons et ressentons le manque d'amortisseurs, nous voyons en contre-haut se dresser des ruines de part et d'autre. Le spectacle est magnifique.

Escale à Ollantaytambo

Le combi nous pose devant le marché. Nous remontons sur la place centrale à la recherche d'un logement. Nous nous rendons vite compte de la "touristicité" du coin, avec le prix des chambres qui varient de 50 soles à 50 dollars. Je demande dans une tienda à une mamita s'il y a des logements bon marché. Elle m'indique le camping, deux rues plus haut.

Nous montons un petit escalier et découvrons un lieu peuplé d'artisans, constructeurs d'instruments divers (djembé, didgeridoo, etc.). Des tentes sont plantées les unes sur les autres et plus loin quelques cabanes font office de dortoir. 8 soles pour une tente et 12 soles pour un lit. On nous regarde débarquer un peu comme des extraterrestres. Nous ne devons pas avoir le look assez roots pour la populace locale. Mais au final, l'accueil est bon et l'accent clairement argentin. Une fois installées, nous allons au marché pour manger. Pas de stand végétarien, on trouve une salade d'haricots verts au prix démesuré de 7 soles.

Nous marchons jusqu'à la gare pour acheter nos billets de train pour Aguas Calientes. C'est le train le plus cher du monde: 60$ à 75$ l'aller pour une cinquantaine de kilomètres (1h30) avec Perurail. Il faut compter un peu plus avec Incarail et les tarifs varient en fonction de l'heure de départ.

Nous repartons faire quelques courses. Sur le chemin du retour, nous rencontrons Matilde alors que nous cherchons de quoi faire un maté sur le bord de la route. Elle appelle son mari et lui somme de nous cueillir un bouquet de muña. Nous l'accompagnons jusqu'à son champ de papas, et récupérons la précieuse herbe. Puis nous rentrons au camping. Là, nous faisons la connaissance d'un argentin, Faudeco ou Volcano, comme dirait Caroline. Il me propose un troc que j'accepte: un cours de macramé et 2 quartz contre une bobine de fil. J'apprends donc à enserrer une pierre pour faire un collier, que nous mettons au cou de sa petite chienne, Diana.

De Ollantaytambo à Aguas Calientes

Il est 5:00AM. Le réveil sonne, nous marchons jusqu'à la gare pour prendre le train de 6:00AM. Nous attendons un moment sur le quai. Puis le train jaune et bleu s'avance, nous montons à bord. Tout paraît neuf et bien entretenu. Ça me change de mes modes de transport habituels. L'intérieur est cosy, et une musique folklorique passe en boucle. On nous sert un micro muffin et une boisson chaude.

Le train roule doucement, ce qui nous laisse le temps de profiter du paysage. On suit une rivière qui serpente entre les montagnes. La forêt est dense. Il fait chaud car on est 1000 mètres plus bas que Cusco. Au loin, on distingue les sommets enneigés de Veronica. On croise parfois quelques piétons qui longent la voie.

Dans ce sens, pour profiter pleinement de la vue, il vaut mieux être assis à tribord.

Aguas Calientes, ville à touristes

La ville en soi n'a aucun intérêt, si ce n'est que c'est le point de départ pour l'ascension. Nous arrivons vers 7:40AM, l'heure du petit déjeuner que nous prenons au marché. Pour les jus de fruit, allez plutôt voir Govinda, qui vous servira généreusement par rapport à ses consoeurs.

Puis, nous nous mettons à la recherche d'une chambre. Nous faisons plusieurs établissements. Le premier prix annoncé est de 40 soles pour deux. Puis nous trouvons des établissements aux pris délirants, qui se disent pour backpackers à 105 soles, ou encore des bed & breakfast à 85 Dollars... Finalement, après dure négociation, nous atterrissons au Sanchi Roca, dans la rue principal, pour 30 soles.

Débarrassées de nos sacs, nous allons chercher nos billets à l'office de la culture, à côté du centre d'information touristique. Nous sommes le 3, demandons un billet. Pas de souci, le gars nous tend un billet avec une date au 9, nous confirmant que l'on pouvait monter le jour même...

A 11:00AM, nous nous mettons en route pour le MP.

Le Machu Picchu, ça se mérite

l y a deux options pour l'ascension: le bus officiel à 19$ l'aller ou nos pieds gratuits. Le choix est donc facile.

On prend la route qui descend vers la rivière. Après 10-15 minutes, nous arrivons au pont où un premier vigile contrôle nos billets. Nous traversons et prenons le chemin vers la droite. Là, nous découvrons un panneau indiquant une marche de 60 minutes, pour 1,2 kilomètre et un dénivelé qui travaille le cardio. La montée est à moitié un chemin, à moitié un escalier, avec des marches m'arrivant parfois au genou. Nous croisons des touristes qui descendent et qui nous encouragent. Personne ne monte à cette heure-ci, je comprends vite pourquoi: la chaleur est étouffante, et combinée à l'altitude, le souffle est plus que court.

Après une bonne heure d'ascension et quelques pauses, nous atteignons finalement la fin de l'escalier, le parking des bus et l'entrée du site. Dégoulinantes de sueur, nous levons les bras au ciel, des gens applaudissent. Plusieurs guides se présentent, nous déclinons l'offre puis entrons.

On nous remet une carte du site avec le règlement: interdiction de pénétrer avec de la nourriture, des bouteilles en plastique, un sac à dos de plus de 20L, de fumer, et encore d'autres choses. N'étant pas au courant, nous avons donc avec nous, un sac de 40L, du pain, un avocat, du fromage, des bouteilles d'eau et du cannabis. C'est l'heure du déjeuner et nous éloignons un peu du site principal pour pique-niquer sur une pierre avec une vue imprenable sur la vallée. Et alors que je prépare les sandwichs, plusieurs gardiens nous souhaitent un bon appétit. Comme quoi, les règles au Pérou, ça relève plus d'une indication que d'une interdiction.

Repues, nous entamons la visite du site. Autant le dire, c'est cher, c'est dur mais c'est bon. La vue est à couper le souffle. L'énergie est intense et palpable. C'est incroyable et vivifiant. Malgré l'affluence des touristes, la magie perdure. Et une légère pluie vient balayer le site, ce qui nous permet d'en profiter sereinement. Alors que le soleil commence à baisser sur l'horizon, nous descendons par le même chemin qu'à l'aller. Le cardio va bien, ce sont les genoux qui prennent.

Retour à Aguas Calientes, une douche et c'est l'heure du dîner. Nous trouvons un restaurant avec qui nous négocions un menu à 20 soles avec des Papas a la Huancaina, qui en valent 28 à la carte. C'est franchement moyen, mais c'est chaud. Voilà... Une nuit et demain nous rentrons à Cusco. A suivre dans le prochain épisode...

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Commentaires : 4
  • #1

    Christine, Michel (samedi, 13 septembre 2014 09:38)

    L'expédition malgré les grands efforts en vaut le coup d'oeil , le site vu d'en haut est Grandiose;
    Le tourisme est partout mais vous vous débrouillez bien pour discuter les tarifs !!
    et, je lis qu'il vaut mieux payer la mama que le papa : éternel recommencement , on sait nous les femmes qui possède la réflexion, l'endurance et la volonté,
    ah, ah, ah !!!
    j'rigole / en fait non, pas trop ...
    grosses bises de France
    Christine

  • #2

    Annie Alvarez (samedi, 13 septembre 2014 09:51)

    Que de découvertes et d'émotions !!! encore un grand moment. Photos superbes et récit haletant. La magie des incas est toujours là !! par contre, que vaut un sole ?? par rapport au dollars ?? je n'ai pas d'idée. !!

  • #3

    papa (samedi, 13 septembre 2014 11:47)

    tarifs prohibitifs mais comme dans tous les pays du monde ou il y a un lieu incontournable a visiter.mais c'est vraiment beau et chargé d'histoire. de bonnes jambes et beaucoup de souffle sont necessaire pour cette ascension c'est la ou l'on regrette de fumer (n'importe quoi pour certain).
    un souvenir inoubliable pour vous à bientot te lire pour le lac titicaca (traduction puma de pierre) selon la légende
    big bisous

  • #4

    maman (samedi, 13 septembre 2014 11:54)

    je me vois au sommet a pratiquer une sceance de yoya quelle énergie !!
    bisous
    mam