Entrée en Bolivie: Copacabana, La Paz et Santa Cruz

De Puno à Copacabana: passage de frontière

Le coeur gros, triste de quitter le Pérou, excitée de découvrir la Bolivie, j'attends au Terminal terrestre. Nous prenons un bus Huayruro pour 10 soles, bonne compagnie qui nous promets de rejoindre Copacabana en 3 heures. Nous en mettrons 4, bonne performance :-)!
Source: www.huayrurotours.com
Source: www.huayrurotours.com
Mais d'abord, il faut passer par la case formalité. Après environ deux heures de route, le bus s'arrête. C'est la frontière. Tous les passagers débarquent, passeport à la main, pour le bureau jaune. Nous faisons la queue une dizaine de minutes pour qu'un gars à la mine dépitée daigne tamponner la déclaration que nous avions remplie à l'arrivée. Puis retour sur nos pas, direction le bureau vert cette fois-ci. Quelques touristes ne sont pas passés par la case jaune. Pour eux, c'est sortie de file et on recommence. Le couple devant nous a des problèmes pour obtenir leur tampon. Sans doute, les semi cuissardes de la demoiselle ont tapé dans l'oeil de monsieur le douanier. Je suis mauvaise langue mais ils ont créé un gros ralentissement dans le trafic. Du coup, on s'attarde un peu pour obtenir notre sortie de territoire. Voilà le Pérou est derrière pour de bon. 

Nous marchons une centaine de mètre dans le no man's land, où s'alignent marchands de snacks sucrés, changeurs de monnaies et autres vendeurs ambulants. Nous arrivons devant l'immigration bolivienne. Aussi aimables que les parisiens un jour de grève, ils nous délivrent notre visa, pour 30 jours. Je râle, il me dit que je n'ai qu'à aller à La Paz pour obtenir une extension. In fine, je ne pense pas en avoir besoin. Je ressors du bureau la faim au ventre, il est 11:00AM. Nous cherchons désespérément un petit quelque chose à manger. Un stand en contrebas. On demande à la vieille. "Se acabò" (fini), nous dit-elle. Tanpis... Après nous être éloignées de quelques mètres, nous la voyons servir 3 assiettes à des locaux. Je ne le prends pas mal. Nous marchons le long de la rue, rien, seulement des montagnes d'oeufs frais qui s'échangent. Nous finissons par rendre les armes, et passons à la tienda, d'où nous repartons avec un paquet de chips de camote, un twix et deux "pan con queso". Je cherche encore le fromage... Mais ça remplit en attendant Copacabana, à 8 km. Le chauffeur klaxonne, signal du départ, après une heure et demie à la frontière.

Copacabana, "balnéaire"

Arrivée sur la rue des agences de bus. On nous saute dessus pour nous proposer une chambre. On hésite. Les sacs sont lourds. Copacabana n'est que l'escale d'une nuit. On n'a pas le courage de chercher. Alors on se laisse embarquer à l'hôtel Puerto Alegre, à deux blocs de là. 25 bolivianos par tête pour une chambre triple que nous partagerons avec nous-mêmes et sanitaires communs au rez-de-chaussée. 
Délestées de nos boulets, nous pouvons aller nous promener. Comme à notre habitude, nous partons d'abord à la recherche du marché, que nous trouvons pas loin de la place. Je note la différence d'organisation par rapport au Pérou: d'un côté, les divers marchands, et de l'autre, le comedor (la cantine) avec tous les stands offrant chacun leur menu du jour. Allez, le challenge, trouver celui qui nous servira un plat végétarien. Après quelques réponses négatives, plus ou moins agréables (dont un "vous n'avez qu'à aller à l'hôtel"), nous trouvons une petite dame prête à répondre à notre requête. Elle nous sert une belle assiette avec galettes de légumes et fromage, riz, patate, plantains et salade: excellent! Et surprise du chef, un dessert non nécessaire: un verre de gelée, couleur bleu roi, au goût tellement artificiel de tutti frutti... Ça me rappelle des souvenirs d'entreprise...

Nous errons un moment dans la ville. La rue menant au lac est La Rue touristique, avec les magasins souvenirs, les restaurants chics, et les cafés à l'américaine. Nous nous arrêtons pour un milkshake à la banane et un capuccino, et surtout une connexion wifi, qui sera tout juste assez puissante pour relever 2 emails. L'artisanat local nous montre quelque chose de similaire mais différent de ce que nous avons connu au Pérou. C'est rafraichissant. 
Nous arrivons sur les bords du lac, où s'entassent des gargotes qui nous proposent toutes, entre autres, la "Trucha frita", plat phare de la région. Les gens en villégiature en profitent pour faire un tour de pédalos ou d'embarcations traditionnelles en roseaux. Quelques gros hôtels ont posés leur pieds un peu trop proches du rivage, offrant une vue bétonnée. 

Le soleil se rapproche de l'horizon et la température commence à baisser. Retour à l'hôtel, en passant par le marché pour acheter de quoi dîner. Nous y découvrons les buñuelos pour le goûter, sorte de bugnes arrosées au miel et l'Api morado, boisson au maïs qui vaut au moins trois repas. Puis nous faisons quelques courses. Nous sommes surprises par le prix des avocats, plus chers: ce n'est pas la saison, ils sont importés du Pérou... 
Pour La Paz, nous avons le choix entre le bus et le combi. Le prix est le même, 20 bs. Parce que le bus est censé partir avant, nous y embarquons. Plusieurs touristes se joignent à nous, dont encore pas mal de français. Ils sont partout! 

De Copacabana à La Paz... Surprise!

Nous longeons le lac un bon moment, pour finalement le rejoindre. Le bus s'arrête, tout le monde descend ou presque. Je vois plusieurs barques chargées de vans, de voitures et autres véhicules, au milieu de l'eau, passant d'une rive à l'autre. Notre bus lui aussi est mis à bord d'une de ces frêles embarcations. Un type nous somme d'aller prendre un bateau à côté pour effectuer la traversée. Je vois deux mamies qui, elles, s'assoient dans la barque. Nous leur emboitons le pas, malgré l'interdiction et les grognements du bonhomme. Résultat, les moteurs démarrent, plus de demi-tour possible. Ils peinent à emmener la lourde charge. Nous traversons folkloriquement, lentement et dans le brouhaha. Je paie le batelier en accostant. Ça nous coûte 1 bs au lieu de 2. 
Leçon du jour: toujours suivre les vieilles, elles connaissent les bons plans.

Nous reprenons la route après cette mémorable expérience et atteignons l'altiplano. Au loin, se dessinent les sommets enneigés des Andes. Nous passons l'Alto et voyons en contrebas les contours de la mégalopole bolivienne. 

La Paz, à l'abri du vent

En arrivant, premier étonnement, je vois un téléphérique rouge, flambant neuf et ultra moderne, qui détone avec le reste du paysage. Le bus nous pose aux abords du terminal. Nous cherchons un café internet pour récupérer l'adresse d'Afia, l'amie de Caroline qui nous accueille. Nous sommes dimanche, c'est fermé. Nous entrons dans un hôtel, et gentiment, la réceptionniste accepte de nous prêter sa connexion et un sofa pour se poser. Adresse en poche, nous prenons un taxi pour 20 de Octubre con Campos, à une vingtaine de minutes de là. 

Très vite, on comprends la géographie de la ville: encaissée entre 2 montagnes, il y a une artère principale qui suit la vallée et des perpendiculaires qui remontent sur les flancs. 

Nous retrouvons Afia chez elle, dans le quartier de Sopocachi. Je suis étonnée par l'immeuble, building de verre sur 20 étages, et l'appartement, étonnamment luxueux et spacieux. Après les campings, auberges miteuses et bus délabrés, ça fait presque un choc. Nous sommes vite intégrées à la colocation qui se compose donc d'Afia, l'intello grimpeuse prof de yoga / allemand / chinois mandarin (et qui parle en plus tibétain et ouzbek), Mathilde, la française fraichement débarquée et dans le tourisme, Sergio, le dentiste, au physique bolivien à la JCVD, Samuel, le touche-à-tout et sa copine cardio pédiatre, Claudia. Nous passons 4 jours dans la capitale. 

Mes visites

Mi teleferico, linea roja

Samuel nous embarque pour une virée au-dessus de la ville. Nous prenons d'abord un mini (combivan) et nous nous arrêtons devant la "Cervezeria". Nous montons ensuite une côte et quelques escaliers pour arriver devant la station du téléphérique, face à l'ancienne gare, maintenant désaffectée. Quel dommage, le bâtiment est magnifique. Nous prenons un jus d'orange pressé et de quoi grignoter, puis entrons dans la station. NB: il est interdit de manger / boire dans la station et ses abords, mieux vaut donc cacher son encas. 

La file d'attente est immense. C'est dimanche, jour de sortie familiale. Afia se charge d'aller acheter les tickets, nous de faire la queue. C'est un transport public donc seulement 3 bs l'aller. On avance relativement vite. Arrivés à l'intérieur du bâtiment, nous passons un tourniquet et entrons dans un oeuf rouge vif qui nous emporte au-dessus des rues et du plus grand cimetière que j'ai jamais vu. Certaines sections sont aussi grandes que des immeubles. La vue est impressionnante. Nous passons une première station. Nous voyons les falaises de l'Alto et une voiture accidentée qui s'est encastrée dans les fissures. Nous débarquons au terminus. 

Nous faisons le retour de nuit. La Paz brille de mille feux. C'est un nouveau spectacle.

Centre-ville: Prado et San Francisco

L'église San Francisco est au centre de La Paz et nous sert de point de repère pour nous orienter. En descendant, on trouve le Prado où s'alignent les kiosques vendeurs de bric-à-brac en tout genre.

Plaza Murillo

On la trouve en remontant Ayacucho sur la gauche, lorsqu'on est face à l'obélisque. C'est une jolie place où les gens passent volontiers un moment pour faire la photo souvenir devant  la statue et nourrir les pigeons qui sont présents en nombre. Nous nous asseyons sur les marches pour regarder le spectacle, tout en dégustant une glace mangue au goût pêche... Un petit raté d'étiquetage... 

Mon carnet d'adresses

Pour se restaurer

Namas Te - Zolio Flores c/ Almirante Grau
Le menu du jour est vegan, à 30bs et servi de 12:00PM à 2:00PM. Il vaut mieux réserver. Sinon, à la carte, je vous conseille les Tucumanas car c'est un des seuls endroits de La Paz qui les propose en version végétarienne et seulement 5bs!
C'est un des ministères de "La revolucion de la cuchara". 

Govinda - 20 de Octubre, 
Il sert à partir de 12:30PM, un menu buffet à 30bs. De loin, ça a l'air pas mal. Mais on ne l'a pas essayé car on avait une très bonne hôte qui nous a fait à manger. 

Blueberries - 20 de Octubre,
C'est un café, type brasserie. Nous y sommes allées pour le petit déjeuner. Les prix varient de 17 à 30bs. Qu'on soit clair, c'est surtout pour profiter de leur WiFi que nous nous y sommes arrêtées car la carte ne présente pas un grand intérêt. 

Pour les emplettes

Mercado Rodriguez
C'est un grand marché bordélique, à moitié couvert, à moitié dans la rue. Tout est plus ou moins organisé par spécialité (fruits, légumes, pain, épicerie, etc.). Nous avons essayé d'y manger sans succès, car nous n'avons pas trouvé les bons horaires pour le petit déjeuner ou pour le déjeuner. Il nous aurait fallu encore quelques tentatives pour percer le mystère de son fonctionnement. Une autre fois peut-être...

Feria de l'Alto
Tous les jeudis et dimanches. Il y a de tout, de la voiture au DVD copié, en passant par les vêtements et la quincaillerie. On s'y promène volontiers, surtout après avoir fait l'ascension avec le téléphérique. 

Sagarnaga et Linares
Les deux rues pour touristes, mais pas seulement. On y trouve aussi les magasins d'instruments de musique et d'offrandes. Si vous voulez y faire des emplettes, n'hésitez pas à faire le tour des magasins car les prix varient du simple au double. 

Eloy Salomon
C'est la rue du HiFi, électronique, appareils photos, etc. Pour la trouver, il y a des minis qui y vont depuis le haut de la place San Francisco. 

Au final, nous passons quelques jours sympathiques mais nous saturons vite avec la pollution, le bruit, les bouchons et les manifestations. Et je suis ravie de quitter le tohu-bohu urbain pour un peu plus de tranquillité. 

De La Paz à Santa Cruz, 17h en cama de luxe...ou presque

Nous nous rendons au terminal vers 6:00PM car les bus pour Santa Cruz partent entre 5:00PM et 8:00PM. Nous sommes alpaguées à l'entrée par une petite nénette qui nous propose le trajet pour 140bs en cama, alors que ses concurrents nous donnent un 200bs. Nous la suivons jusqu'au comptoir, le bus en photo semble en assez bon état. Deal! 

A 7:45PM, le bus se présente et nous montons à bord. Je demande au chauffeur de prendre nos sacs. Il me faudra un peu de patience et beaucoup de diplomatie pour qu'il accepte enfin de charger les 2 en soute. 

Sur les flancs du bus, je vois les stickers qui annoncent les services à bord: chauffage, air conditionné, TV, toilettes, GPS, et repas. Nous n'aurons que le chauffage et la TV mais sans la fin des films. Je pense que notre chauffeur était allergique aux fins ou veut maintenir le suspens pour une prochaine fois hypothétique.

Durant le trajet, il y a 4 pauses: 3 pipis express et 1 déjeuner dans un resto route des plus moyens. Pour la pause pipi, je préconise la jupe large qui permet de se soulager partout et vite. Le vite étant le facteur essentiel, car nous avons à peine 5 minutes pour répondre à l'appel de la nature. 

Après le déjeuner, la chaleur est torride dans l'habitacle. Je sue et j'enlève couche après couche. Nous arrivons finalement au terminal de Santa Cruz en début d'après-midi.

Santa Cruz: le Saint Tropez bolivien?

Avant de quitter le terminal, nous passons au centre d'information pour deux questions: dans quel quartier peut-on trouver un logement et d'où partent les bus pour Samaipata. Le type sympathique me donne un dépliant avec une liste de logement et m'indique la rue des bus. En sortant, un chauffeur croisé à l'arrivée nous dit que l'info est fausse et nous donne le bon endroit. 
Source: www.maisturismo.net
Source: www.maisturismo.net
Nous prenons un taxi pour la calle Ayacucho, où j'ai repéré une adresse possible. On trouve porte close. Nous repartons vers la place principale. Nous rencontrons deux vendeurs de bracelets qui nous donnent le bon plan: un alojamiento, "24 de Setiembre", à 30 bs la nuit par personne, sur Santa Barbara. Là aussi, le confort est sommaire. Les lits sont aussi durs que le sol de Taquile, mais la douche est chaude. 

Nous faisons un petit tour de ville pour nous rendre compte du paradoxe bolivien: eux qui détestent les américains, font tout pour y ressembler. Je note entres autres le magasin "Ropa Americana". Après avoir chercher sans succès un restaurant végétarien, nous nous rabattons sur un "Food hall", autre emprunt à la culture US, pour une pizza Margarita et... un Coca-Cola. Puis pour le dessert, une glace démente, dulce de leche et chocolate suizo, avec 3 toppings. Même mon estomac sur-entrainé à ingurgiter des quantités folles aura de la peine à en venir à bout. Nous allons digérer tout ça sur la place, avec un café trop sucré servi par un vendeur ambulant, avec son chariot rempli de thermos. 

Le lendemain, nous nous rendons sur Omar Chavez, Plazueta Oruro, pour prendre notre bus. Sur les 5 comptoirs ouverts, un seul part le jour même pour Samaipata. Nous nous embarquons à 20 bs pour 3 heures et des brouettes. Les 30 premières minutes du trajet sont animées par une VRP qui propose un remède naturel à tout. Nous lui achetons un détoxifiant, un mélange de graines de papaye et autres fruits aux vertus supposément laxatives. Je n'ai pas encore essayé. Je vous raconterai... 

Écrire commentaire

Commentaires : 2
  • #1

    Annie Alvarez (dimanche, 05 octobre 2014 11:54)

    Quel bonheur de te lire avec toutes vos aventures si différentes. Je suis définitivement fan et je vous suis chaque jour par la pensée. Bon vent, C magnifique ce que vous faites.

  • #2

    papa (dimanche, 05 octobre 2014 16:54)

    donc la bouf a base d'herbes ce n'est pas le perou par contre bonne halte chez la copine avec du confort et de belles rencontres sinon ces grandes villes ont l'air d'êtres pas mal américanisées mais cela a du bon pour les glaces
    on attend la suite big bisous et courage pour le sac a dos