Bienvenue en Argentine: Salta, Cafayate et Mendoza

D'Uyuni, Bolivie à La Quiaca, Argentine

Le tour bolivien touche à sa fin. Nous prenons le train avec Aitana, Claudio et Tommaso, à 10:30PM à la gare d'Uyuni, destination Villazon, la ville frontière. Les sièges sont larges et confortables. Le train bouge un peu, mais le trajet est tranquille, bien plus qu'en bus, car les routes ne sont pas goudronnées. Après une bonne nuit, réveil pour voir le soleil se lever sur le désert. Et la fin du voyage est accompagné d'un dvd retraçant l'histoire de la musique hispanique des années 80. Je garderai en tête l'air de la douce chanson "Porque te vas" pour le reste de la journée... Dur!
Arrivée à Villazon, des rabatteurs nous sautent dessus pour nous proposer un transfert jusqu'à Salta à 400bs. Nous refusons et rejoignons la frontière à pied, 10 minutes. Nous mettons une bonne heure pour faire les formalités. La sortie de Bolivie et l'entrée en Argentine se font dans deux bureaux consécutifs. Facile. Puis passage du sac aux rayons X. Il y a une file pour les hommes et une pour les femmes, qui va plus vite. 

Nous marchons encore une dizaine de minutes pour rejoindre le terminal de bus de La Quiaca, où nous trouvons notre billet pour Salta à 165 ARS, et changeons quelques dollars à 14, au lieu du 6/7 officiel. NB: pour un meilleur pouvoir d'achat, changer ses devises ($ ou €) dans la rue ou les magasins, au marché "bleu", pas tout à fait légal, mais toléré et bien installé. 

Nous passons dans une boulangerie, pour acheter le petit déjeuner (pain et dulce de leche). J'apprends vite qu'il n'y a pas de monnaie en Argentine car le commerçant me rend le peso manquant en caramelo. 

3 jours à Salta

De La Quiaca à Salta, il y a à peine 6 heures de bus, avec un changement à Jujuy. C'est un choc culturel: les routes sont goudronnées, le bus quasiment neuf avec des toilettes qui fonctionnent et du café en libre service. Et ça bouge moins que dans le train bolivien. Waouh, quel luxe! 
IDès notre arrivée en ville, nous notons le côté très européen de l'Argentine. Les rues sont presque trop propres, trop organisées. Sur la place centrale, nous demandons pour un logement pas cher à un artisan. Il nous donne le bon plan: Sol Huasi (Belgrano 671) à 70 ARS pour un lit en dortoir de 6, petit déjeuner inclus. L'auberge est au premier étage dans un vieux bâtiment charmant, avec une grande cuisine. Les douches sont propres, l'eau chaude, il y a de la pression. Pour la première fois en 2 mois, je dois ajouter de l'eau froide pour ne pas me brûler.... Waouh! Là encore, c'est un choc et surtout, un vrai bonheur après les 4 jours dans le Salar avec un confort très, très rudimentaire. 

A la découverte de la ville, nous passons par le marché artisanal sur Balcarce. Nous achetons quelques pierres à un adorable couple de petits vieux. Caroline en fait monter deux en boucles d'oreille par un artisan qui travaille les fils en métal, en échange d'un de nos bracelets. 

De retour à l'auberge, nous retrouvons Ian, le premier artisan que nous avons croisé. Ce sera ma rencontre de ces quelques jours: il a un fils d'un an et demi qui lui manque terriblement car il ne le voit plus. Son ex est partie avec son meilleur ami et a gardé la maison, le laissant à la rue. Il adore son métier d'artisan qu'il pratique depuis 18 ans. Il m'apprend d'ailleurs quelques nouveaux points et nous offre deux tourmalines, pour la protection. Je retiens de lui sa générosité et ses sourires, malgré la blessure qu'il porte visiblement au coeur.

Des vêtements propres en main, nous pouvons reprendre la route. Nous quittons Aitana et Tommaso qui vont au Paraguay, et partons avec Claudio pour Cafayate, en voiture collective, que nous trouvons pas loin du terminal.

3 jours à Cafayate

Nous passons à travers les vignes. Le paysage est magnifique. Le chauffeur nous pose aux abords de la petite ville, devant le camping Luz y Fuerza. 20 ARS par personne + 15 ARS pour la tente. Le camping est quasiment vide. Les emplacements sont propres et bien entretenus, avec à disposition, un auvent et un barbecue. Tout est bien délimité et net. 
Une fois la tente montée, nous rejoignons la ville à 5 minutes de marche et découvrons une jolie place. Aujourd'hui, c'est la fête de Santa Misa. Un défilé de chars, de tracteurs et de chevaux descend la rue principale. La cavalière que je suis tombe en admiration devant la fière allure des destriers argentins. L'ambiance est festive, l'air est chaud. C'est folklorique et ça fait du bien.
Nous profitons de notre séjour pour aller déguster les sublimes empanadas de "La casa de las Empanadas". C'est surement le lieu où il y a le plus de choix. Pour les végétariens qui ont en assez de n'avoir au choix, que Pollo ou Carne, voilà un petit paradis. Puis, une glace sur la place pour finir en beauté.
Nous aurions pu louer des vélos pour découvrir la Quebrada. Mais la chaleur nous pousse plutôt vers la cascade du Rio Colorado. On prend un taxi en centre ville qui nous emmène jusqu'au début du chemin (40bs). Là, plusieurs guides attendent le touriste. Le premier prix proposé pour la balade de 3 heures est de 150bs par personne, que nous arrivons à négocier à 80bs lorsqu'un couple de français nous rejoint. Le chemin, en tant que tel ne présente aucune difficulté. Donc le guide n'est pas forcément nécessaire, sauf qu'il n'y a pas qu'un seul chemin, et 2-3 passages un peu plus délicats. Au final, nous sommes contents d'être avec Sebastian, qui nous fait passer par une petite grotte et rend la crapahute un peu plus ludique.
En arrivant à la cascade, un saut de 9 mètres nous est offert. L'eau est froide mais que c'est bon. Pause déjeuner et retour au point de départ. Nous n'aurons mis que 2h30. Les français marchent bien, nous dit-il. 
Après quelques jours tranquilles, l'aventure avec Claudio se termine. Il part rejoindre Aitana et Tommaso à Iguazu et nous, nous descendons vers le sud. 

Mendoza, une autre ville... Européenne?

Nous prenons le bus pour Tucuman, puis changeons pour Mendoza qui sera juste une ville étape, le temps de récupérer le transfert Azimo. Depuis le terminus, nous trouvons l'hôtel Bari, à un bloc de là, 370ARS pour une chambre double. 
Puis nous allons au centre ville et surprise. Tout me paraît très très européen, notamment les larges avenues bordées de platanes, qui donnent à la ville un air de par chez nous. Nous allons directement à la Galeria Tonsa pour récupérer notre argent. Apparement tout Mendoza a eu la même idée. Il est 10:00AM. Nous ressortons à 12:45PM
Retour au terminal pour prendre nos billets pour Bariloche, 880 ARS. Puis nous repartons à la découverte du centre-ville. Flânerie et lèche vitrine dans les boutiques de souvenirs. Nous nous posons sur la Plaza Independencia, après avoir fait le tour du petit marché artisanal qui la borde. En fin d'après-midi, une glace dans la chaîne Grido, puis des ravioles dans un des nombreux restaurants italiens. Et voilà, nous quittons le nord pour rejoindre le début de la Patagonie. 

Les énigmes résolues en Argentine...

1. Pourquoi y a-t-il la queue devant les banques le lundi?

C'est la crise dans le pays. A Salta, le lundi, nous voyons des files d'attente de plusieurs dizaines de mètres se former devant les banques. Les gens se pressent tous, en début de semaine, pour retirer leur paie hebdomadaire. Ainsi, ils sont sûrs de toucher leur solde... Ce qui n'est pas le cas s'ils attendent le weekend car les caisses pourraient être vides. Un certain manque de confiance dans les institutions, n'est-il pas?

2. Pourquoi n'y a-t-il pas de monnaie?

On l'a déjà dit, c'est la crise. La valeur du métal de la pièce de monnaie est plus élevée que la valeur nominative. Résultat: des petits malins récoltent les pièces, vont les vendre en Bolivie contre quelques dollars qu'ils peuvent venir changer au taux du "Blue", en rentrant au pays. Et voilà, comment toutes les pièces disparaissent, amenant les commerçants à vous rendre votre monnaie en bonbon.

3. Pourquoi le marché du "Blue dollar" existe-t-il?

Si jamais vous ne l'avez pas encore compris, c'est la crise ici. Le gouvernement a pris des mesures pour contrôler et limiter les retraits en dollars, si bien qu'il est très difficile, voire impossible de s'en procurer sur le sol argentin. Le peso argentin a une tendance à se déprécier vitesse grand V. Et donc, les nantis du pays cherchent à tout prix à convertir leurs précieuses économies en petits billets verts dont la valeur est plus stable. Résultat: un marché aux devises s'est mis en place en parallèle, avec des "courtiers" qui achètent les devises du touriste de passage au taux Blue (entre 14 et 15 en ce moment) pour les revendre aux nantis au taux Noir (de 20 à 25). Ainsi tout le monde est content, sauf peut-être les institutions... Quoique... 

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Commentaires : 3
  • #1

    papa (dimanche, 26 octobre 2014 10:12)

    ça fait du bien un peu de confort surtout la douche chaude tu devrais nous mettre le taux de change que l'on s'y retrouve un peu quand au saut de 9m ça a du te rappeler le canyoning,et les chevaux tes concours avec furoy;j'espère que tu vas manger un bon steack de boeuf argentin au moins une fois pour me dire si cela vaut le coup (toi qui adorait la viande)sinon c'est comme si tu va a montélimar sans manger de nougat allez big bisous et comme dirait Perenoud dans thalassa "bon voyage et bon vent"

  • #2

    Annie Alvarez (dimanche, 26 octobre 2014 10:13)

    C tjrs un plaisir de te lire, et on voyage par procuration. superbes photos. la nourriture végétarienne a l'air super sympa et malgré la crise l'Argentine tient la route au regard des autres pays vus ; çà dépend de ce que l'on recherche. bizzz

  • #3

    christine, michel (dimanche, 26 octobre 2014 19:42)

    Vous voilà donc dans un endroit où la civilisation est arrivée; tant mieux pour l'eau chaude, et le confort des lieux de repos; la cascade est la bienvenue pour se rafraichir mais le saut me parait attirer seulement quelques uns !!! Pays en crise et difficile de s'y faire envoyer de l'argent plus les mauvaises expérience qui vont avec !!! Bonne route vers le Chili maintenant...gros bisous