Chiloé, l'île sous la pluie et le vent

Nous quittons l'Argentine, pour rejoindre le Chili. De Bariloche, nous prenons un premier bus pour Puerto Montt. La sortie du territoire se fait facilement et après 17 km, un franchissement de col, nous arrivons à la frontière chilienne. Le contrôle est strict et c'est la première fois que nous voyons un chien. Bien entendu, il marque nos sacs... Et nous voilà en train de déballer toutes nos affaires devant le douanier. Il recherche les matières organiques: interdit de passer les pois chiches, l'origan, l'ail, mes dernières feuilles de coca... Donc pour info, ne pas ramener de fruits, ni de légumes, ni rien... Nous devons également refaire la déclaration, sinon il pourrait nous en coûter 200$ d'amende. L'obstacle franchi, nous pouvons continuer notre chemin. 

Arrivées au terminal de Puerto Montt, nous reprenons un bus pour l'île de Castro après une pause déjeuner avec un completo italiano (un hot-dog avec guacamole). Le bus monte sur un ferry pour franchir la passe. Grand luxe par rapport à l'expérience bolivienne: de 1. c'est un vrai bateau, de 2. il y a des toilettes, une petite cafétéria et de 3. un pont supérieur duquel nous pouvons admirer la vue. Nous arrivons sur l'île sans encombre et sans frisson. 
Nous atteignons Castro et cherchons un moyen de contacter Jean-Philippe, notre hôte. La providence pourvoit à nos besoins: Pierre-Antoine vient à notre rencontre en nous entendant parler français. Il savait que nous arrivions car c'est un ami de JP, et lui passe un coup de fil pour le prévenir de notre arrivée. Quelques minutes plus tard, JP est là et nous emmène chez lui, sur les hauteurs de la ville. Nous rencontrons Lorena, sa concubine et Emma, sa fille de 3 mois. 
Jour 1: JP nous promène d'abord à Dalcahue, petite commune à une quinzaine de kilomètres de Castro. Nous nous arrêtons sur le port, pour une visite sur le marché artisanal et manger une "Cazuela", sorte de soupe de fruits de mer, dans la cocineria (cantine populaire) en forme de bateau. 
Un tour de voiture pour voir une des nombreuses zones humides, où les oiseaux migrateurs s'arrêtent pour nicher. Et puis, nous passons par la péninsule de Ten Ten qui offre une jolie vue sur Castro. 

Après la "Once", encas du soir qui remplace le dîner, nous allons nous coucher après une belle première journée ensoleillée.

Jour 2: Dimanche à la maison et ça fait du bien. Le temps est maussade et n'invite pas à la promenade. On verra demain. 
Jour 3: Réveil vers 9h30, et programme du jour: visite de Castro. Un premier point de vue depuis le Mirador Milantuy, nous descendons dans le centre pour admirer l'église jaune et violette. Nous traversons la Ruta 5, plus connue sous le nom de Panamericana, et longeons le port pour trouver les "Palafitos", maisons colorées sur pilotis, qui sont une des principales attractions touristiques de la ville. C'est charmant, même si nous avons dit adieu au soleil et retrouvons le climat pluvieux et venteux, plus typique de l'île. 
Jour 4: Nous prenons le bus pour Cucao, qui nous pose devant le parc national. Ce n'est pas de la pluie, mais des seaux d'eau qui nous tombent dessus avec force et fracas, sans compter les rafales à 60km/h. Nous nous réfugions dans le seul restaurant du coin, en espérant une accalmie, qui ne viendra pas. Mission randonnée avortée... Nous mangeons un repas insipide et cher, mais relevé par un beau débat politico-environnemental avec un chilien de Santiago. Il est contre ces foutus écolos européens qui débarquent et imposent des normes. Ça ralentit le développement du pays, empêche les entreprises de grandir à leur guise. Je suis pour un développement plus lent mais plus respectueux de Mère Nature, moins de croissance à tout prix, voire une décroissance pour nos pays sur-industrialisés, déshumanisés. Nous défendons avec ferveur nos points de vue opposés. Face à un paysan en habit traditionnel, il voit un pauvre bougre sans le sou. Je vois un homme proche de la nature, sans le sou, mais pas pour autant plus malheureux qu'un citadin roulant en Mercedes. Il me traite de terroriste extrémiste. Surement un peu, oui... Lui est un homme du 19ème siècle, sans conscience, ni vision à long terme. Et si je comprends sa position, j'espère un jour que le monde trouvera un juste milieu, un équilibre qui offrira un peu plus de confort à tous, sans sacrifier notre si belle planète au nom d'un développement (illusoire?)
Jour 5: encore un bus. Nous franchissons une passe sur un petit ferry. Nous nous rendons à Achao, fameuse pour son église traditionnelle, une des plus anciennes de Chiloé. Après un détour par le front de mer, son marché artisanal et un repas bon marché, nous allons visiter l'église, faite exclusivement en bois. Inculte, je demande à la gardienne des lieux pourquoi la statue du Christ a 3 "fourchettes" sur la tête en plus de la traditionnelle couronne d'épines: c'est la représentation de la sainte trinité. Me voilà un peu moins bête.
Jour 6: encore une journée tranquille. Nous allons voir les autres palafitos, de l'autre côté de la ville. Nous y trouvons un charmant restaurant, le Mar y Canela, avec vue sur l'embouchure. Puis  promenade dans les rues, pour une pause goûter, au Palafito Patagonia, près du port, où nous avons la chance de voir une éclaircie et un magnifique arc-en-ciel. 
Jour 7: départ. Voilà une semaine sur l'île, dont 5 jours de pluie. Mais le séjour et les hôtes ont été plus qu'agréables. Nous reprenons le bus, direction le nord.

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Commentaires : 2
  • #1

    papa (mardi, 30 décembre 2014 12:00)

    très coloré,très pluvieux,par contre de jolies moules bien grosses comme je les aime.merci pour cette suite des aventures,vivement la suite.
    gros bisous
    papa maman,chien,chat

  • #2

    Annie Alvarez (mardi, 06 janvier 2015 20:46)

    Pas la saison pour se mettre en maillot, mais les crustacés plutôt top. J'attends avec impatience le reportage sur l'île de pâque avec photos !!!! bizzzz