Pucón, la ville tranquille de la région des lacs

Nous quitttons Castro et notre gentille famille franco-chilienne pou reprendre la route vers le nord. Nous trouvons un bus direct pour Puerto Varas, que nous rejoignons en 4h30.

Puerto Varas, Puerto Octay et Frutillar

Nous arrivons sous la pluie. Après une petite marche du terminal au centre ville, l'auberge que nous avions repérée la veille, est fermée. Nous en trouvons une autre sur les hauteurs de la ville. La pluie ne nous encourage pas à visiter mais nous prenons quand même sur nous pour suivre le circuit touristique balisé par des flèches au sol. La ville est tranquille, au bord du Lac Llanquihue, avec une vue impressionnante sur deux volcans enneigés. 
Continuant notre remontée vers le nord, nous nous retrouvons à Frutillar, au milieu d'une Kermesse des sports. Nous en profitons pour faire la pause de midi, dans un snack au bord du lac. Puis après un café assorti d'une part de tarte, nous reprenons la route pour Puerto Octay. Nous trouvons une toute petite ville, où nous logeons dans un hospedaje, le seul d'ouvert. Rien de notable, mais la chambre est agréable, avec TV. Nous sommes les seules clientes. 

Pucón

Nous arrivons tard à Pucón. J'avais repéré une auberge qui propose un camping indoor, pour 5000pesos la nuitée. Un bon compromis entre la tente et une chambre. Et nous voilà devant "Los Elementos" où nous sommes accueillies par deux chiens, un mouton et une chèvre. Le camping indoor, c'est un dortoir de 4, sans chauffage ni isolation. Même si le confort est sommaire (les sanitaires étant à 25 mètres à l'extérieur), l'accueil est bon, l'endroit tranquille, l'eau chaude et niveau budget, ça nous laisse l'occasion de profiter de quelques excursions. 

La visite de la ville, qui s'apparente à une petite station moitié ski, moitié balnéaire, se fait facilement à pied et nous permet de découvrir le lac Villarica et sa plage noire, et le petit bras La Poza, promenade fleurie. La rue principale, O'Higgins, regroupe tous les commerces, banques, agences touristiques. 

Le volcan Villarica

Au loin, on distingue le volcan Villarica. À force de discussion avec les autres pensionnaires, nous décidons que son ascension fait partie des incontournables de la région. Nous prenons l'excursion proposée par l'auberge. Départ à 6:00AM pour cinq heures de marches. On passe à l'agence qui nous remet l'équipement nécessaire: chaussures, pantalon, veste, pelle (luge), crampons, casque, guêtres, piolet et sac à dos. La navette nous emmène ensuite au pied du volcan puis nous commençons l'ascension. Nous sommes un groupe de 12, mené par 3 guides. Le ciel est clair, il y a un peu de neige, on avance assez facilement. Premier stop, nous avons déjà perdu 4 personnes qui ont renoncé, à peine commencé le trek, emportant avec eux un de nos guides. Nous chaussons les crampons. Les 2 guides restant nous montrent les consignes de sécurité, en cas de chute/perte d'équilibre. 

Nous continuons notre montée, en prenant appui sur le piolet, le parcours étant maintenant sur la neige. La pente se raidit, et les rafales de vent deviennent de plus en plus fortes, nous déstabilisant. En regardant vers le bas, je me dis que dévisser serait une mauvaise idée... 
Nous avançons péniblement et lors de la troisième pause, un des guides part en éclaireur, voir si les conditions permettent de continuer, car il y a beaucoup de vent et la neige est verglacée. 
Nous allons attaquer la dernière ligne droite, et les guides séparent le groupe en deux pour s'adapter à la vitesse de marche de chacun. Je pars dans le premier groupe, laissant Caroline avec le deuxième. 
Notre guide nous dit qu'il reste encore deux heures marche jusqu'au sommet. Après 5 minutes de marche, je regrette déjà de ne pas être restée avec l'autre groupe qui a arrêté l'ascension. L'acide lactique me torture les jambes et j'ai de la peine à soulever les pieds, avec le kilo de neige qui se colle aux crampons. Je souffle, je m'essouffle. Mais je ne suis pas la seule à souffrir... L'australien et l'espagnol, peu habitués à marcher sur la neige, ne cessent de trébucher, tomber, râler, tout faisant s'écrouler les marches formées par les autres groupes passés avant. Intérieurement, je les maudis gentiment, car ils me rendent la montée encore plus dure. Il n'y a que le guide et le japonais qui semblent trotter avec aisance, sûrement croisés chèvre. Après une dernière pente, encore plus raide que le reste, couverte de vagues de glace (magnifique!), nous atteignons finalement le sommet. Je découvre alors un large cratère dont on ne voit pas le fond, mais crachant une fumée acide et suffocante. Nous faisons une courte pause, le temps d'admirer la vue à 360º sur la vallée. Le vent souffle fort mais de manière constante. Le guide me dit qu'on a de la chance car il ne fait pas froid. Tu le diras à mes oreilles qui sont sur le point de tomber... 
Nous redescendons jusqu'à avoir passé la partie glacée. Au milieu de la pente, nous nous arrêtons pour déchausser les crampons et accrocher la pelle à notre jupe. C'est la récompense de l'effort, la partie la plus fun du trek: la descente en luge sur quasiment toute la longueur du volcan. Je fais la course avec Fuji, ainsi surnommé. Quel bonheur! Une grande étendue blanche, de la vitesse, aucun effort... On s'éclate! Arrivés en bas, nous rangeons nos jouets, car la neige est devenue une belle soupe avec le soleil et nous terminons le reste du chemin à pied, s'enfonçant parfois jusqu'aux genoux dans la bouillasse. Je retrouve Caro au bus, trempée, exténuée mais fière. 

Los Pozones, les bains

Après l'effort, le réconfort. J'ai des courbatures du volcan. Nous en profitons donc pour aller visiter une des nombreuses sources thermales de la région. Cherchant le rapport naturel/prix, nous optons pour Los Pozones, accessibles en bus et au tarif d'entrée raisonnable par rapport aux autres choix. 
Le bus nous dépose devant l'entrée des thermes. Et après une courte marche, nous découvrons en contrebas 7 bassins aux eaux claires et plus ou moins chaudes (la température décroissant de l'amont vers l'aval), au bord d'une rivière. L'endroit est beau, bien entretenu et avec peu de monde en cette fin de matinée. Les gens ont tendance à s'y masser en fin d'après midi et le soir. On trempe et on glandouille pendant deux heures. Un vrai bonheur!

Rando équestre avec Antilco Campo

Nous voulions partir quelques jours, mais quand on s'y prend à la der, c'est difficile. On nous offre quand même une promenade de 4 heures dans la campagne aux alentours de Pucón. Alors pourquoi pas. 
On vient nous chercher à l'auberge et après 20 minutes, nous rejoignons le club. Là, nous attendent Carmen et Nelly, deux allemandes, une installée depuis 3 ans dans la région, l'autre saisonnière. Elles nous présentent nos chevaux, et comme de bien entendu, j'hérite encore du grincheux, qui se fâche quand on l'approche. 
Une fois équipées, Carmen nous rappelle les quelques règles de bases et nous fait signer une décharge qui en aurait refroidi plus d'un. Il faut être conscient que, pendant une balade, on peut être mouillé par la pluie, tomber, se faire mal et même mourir! Avec Caro, on rigole. Et c'est parti, en selle. 
On suit les chemins, passe à travers champ au milieu des troupeaux de moutons et chevaux en semi-liberté, on traverse une rivière. Un magnifique étalon tourne comme un fou autour de son piquet, émoustillé par une jument en chaleur pas loin. La nature est belle. Caro fait son premier trot et son premier galop. Ça secoue, ça brinquebale, mais ça tient. 
Je suis impressionnée par le dressage des chevaux qui répondent impeccablement. Nous passons un bon moment et je reviendrais volontiers pour faire la sortie sur 4 jours avec cet encadrement compétent et disponible. 

Los Angeles et remontée sur Santiago

Nous quittons la chouette ville Pucón pour nous rendre chez Margarita, la mère d'une amie. Elle habite légèrement en dehors de la ville de Los Angeles, endroit hautement non touristique. Autant vous le dire tout de suite, il n'y a pas grand chose à faire ou à voir. Mais nous passons tout de même une semaine très agréable. Entre le jardinage, la tonte du jardin (5000m2 avec une tondeuse à main, ça se mérite et ça prend une journée), une sortie à Temuco pour le déjeuner (seulement 200km, 2 heures de route) et une balade à cheval avec un voisin, voilà la semaine comblée. Le fait marquant: la découverte du swing yoga avec Annette. Tonique, ludique, un doux mélange de yoga et de cirque, la discipline m'enchante, m'amuse, me réjouis malgré le premier effet kisscool du "qu'est-ce qu'ils vont pas inventer?". Caroline est conquise et décide d'investir dans le swing. Et voilà, notre ticket pour Santiago qui se dessine. Andrea, qui vend le dit accessoire, est en train de remonter de Puerto Varas et serait enchantée d'avoir de la compagnie pour terminer son parcours. Elle nous prend donc au passage et au fil des discussions, nous offre aussi le gîte chez elle, sur les hauteurs de Santiago, dans un quartier chic. Nous passons 2 nuits dans sa coloc, tendance hippie/roots avec des gens qui vont et qui viennent. Et nous y trouverons aussi notre taxi pour l'aéroport. C'est la fin de l'aventure Amérique Latine. Je la quitte avec de beaux souvenirs, de paysages et de rencontres magnifiques, et un coup de foudre pour le Pérou. 

Et c'est parti pour les îles! 

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Commentaires : 6
  • #1

    Caro (samedi, 17 janvier 2015 09:24)

    En lisant je me rappelle que le snack de Frutillar aurait pu être un article à lui tout seul! :-)

  • #2

    papa (samedi, 17 janvier 2015 10:13)

    que d'activités intéressantes tu doit avoir une forme terrible,je vois que ta cheville a tenue le coup dans l'ascension tant mieux maintenant en avant sur la plongée dans les lagons on vous envie
    big bisous

  • #3

    Baron Marc (dimanche, 18 janvier 2015 07:04)

    Magnifique tour du monde avec des rencontres et paysages fabuleux. J'imagine que la France et la Suisse vont êtres bien petites par la suite...
    Grosses bises. Tonton

  • #4

    Wosiak Karine (dimanche, 18 janvier 2015 08:47)

    Impressionnant, tu dois avoir de sacré images gavrés dans ta tête et surtout dans ton cœur de ton tour du monde. Bravo cela va te faire grandir l âme, l esprit et le cœur, même si tu es déjà grande ;) lol Tu vas certainement nous apprendre Bcp de choses à ton retour.
    Te fais des bisouxxx, prends soin de toi
    Karine ;)

  • #5

    Christine, Michel (dimanche, 18 janvier 2015 08:56)

    A te lire, je sens que cette belle escale ne vous a pas laissées indifférentes et que vous y reviendrez....
    Bien vu pour la chèvre Fuji !!
    J adore.... Bisous
    Christine, Michel

  • #6

    Annie Alvarez (lundi, 16 février 2015 22:36)

    j'étais au Vietnam et je découvre le reportage et photos. C pire qu'en Suisse la neige, et l'ascension n' a pas dû être évidente. Beau parcours avec le récompense en haut !!! ouf !!