Rapa Nui, mystérieuse et nature

ou l'île de Pâques

Nous débarquons sur la petite île, après 5 heures de vol très confortables sur LAN. Comme d'habitude, sans aucun plan. À l'aéroport, il y a quelques guichets des hébergements possibles.  Je sais qu'il y a un camping en bord de mer, mais personne n'est là pour le représenter. Par contre, il y a le camping Tipanie Moana. Je discute avec la femme, elle nous offre un prix tout à fait convenable (5000 par nuit), wifi et navette gratuits. Elle me plaît bien alors nous y allons gaiement. Nous rencontrons Sofia (qui m'excusera si j'écorche son prénom, mais après tant de rencontres, il m'est parfois difficile de savoir quel prénom va avec qui) qui s'occupe de l'intendance et du transport, une perle de femme. 

Le camping Tipanie Moana, l'adresse à ne pas manquer

Le camping est derrière la seule et unique ville de l'île, à 5 minutes de marche de la rue principale. Bien sûr, ce n'est pas aussi glam que le camping avec vue sur la mer, mais le terrain est grand, les sanitaires propres et la cuisine bien équipée. L'accueil est plus que chaleureux. Nous rencontrons Benjamin, le propriétaire, un grand gaillard joyeux et prévenant. A peine débarquées, il nous annonce jovialement "ce soir, ceviche pour tout le monde!" Il parle un français approximatif mais correct. Nous le voyons débarquer quelques heures plus tard avec 2 thons massifs fraichement pêchés. Et nous voilà tous la main à la pâte: il lève les filets, je coupe les oignons, concombres et autres légumes avec les autres pensionnaires, dans un joyeux bordel. Nous mettons la table, nous sommes une vingtaine à partager le repas. Soirée conviviale où nous faisons la rencontre des Rabreau, une petite famille française adorable en tour du monde. Ils sont 6: les 2 parents et leurs 2 pairs de jumeaux. Pour suivre leurs aventures: voici leur blog tdmrabreau.free.fr

Le lendemain, Benjamin me demande comment s'est passé ma nuit. Je lui répond pas mal, mais le sol est dur. Il m'engueule gentiment. Je ne lui ai pas dit que nous n'avions pas de matelas pour dormir. Il s'empresse d'aller en chercher 4. Et il nous en offrira 2 pour la route. Dans la foulée, il nous conseille des adresses en Polynésie, partage les légendes de sa culture, toujours à l'écoute de nos besoins, vraiment aux petits soins. L'avant-veille de notre départ, il nous offre à nouveau un BBQ de poissons dont je ne me souviens pas du nom (simplement que la femelle est meilleure que le mâle, plus grasse et plus tendre), que nous dégustons à la bonne franquette, avec les doigts et sur une feuille de bananier, pour éviter la vaisselle ahahah!

Les visites sur l'île

L'île est petite mais riche. Y passer 5 jours, c'est parfait pour en faire le tour et en profiter. Moins les gens le regrettent, plus ça dépend des personnalités. J'aurais pu y rester plus longtemps pour profiter de l'atmosphère tout particulière et sereine. Les gens sont charmants, l'île est sûre et on sent que la vie y est douce. 

Hanga Roa, la ville-village

Le tour est vite fait à pied. Une rue principale qui regroupe les principaux commerces, superette, pharmacie, marché et boutiques souvenir. Pour les banques, un guichet de la Banco Estado après le marché qui refusera de me donner des sous et celui de la Santander, sur le front de mer, qui est bien plus accommodant.
En prenant une des perpendiculaires, nous voici sur le bord de mer où nous découvrons nos premiers Moais. 
On aperçoit au loin un premier site avec des statues dressées. Ces silhouettes géantes qui nous font face, ont quelque chose de vivant, majestueux. 
On prend la promenade qui suit le littoral et débouche sur Ahu Tahai et le musée.
On y découvre l'histoire de l'île, les théories sur les fameuses statues. Je remarque: quelques statues aux attributs féminins, et surtout la représentation du dieu créateur, Make Make... Il ressemble à un petit gris, que les chasseurs d'ovnis auraient adoré rencontrer à Roswell. 
Le soir, nous allons au spectacle de danse traditionnellle, Kari Kari. Exclusivement pour les touristes, c'est folklorique et nous passons tout de même une excellent soirée. 

Le tour de l'île

Impossible de se perdre, car il y a seulement 2 routes, une qui longe la côte et l'autre qui traverse l'île. Nous louons d'abord une voiture à 40000 pesos les 24 heures et le lendemain, un scooter à 20000 pesos (NB: pour un scooter, il faut absolument avoir le permis 125cm3). Et nous voilà sur la route. 
Nous découvrons avec bonheur les divers sites de moais, le plus souvent couchés face contre terre. Le temps a fait son oeuvre, la plupart des statues sont érodées. 

Ahu Tongariki, Ahu Akivi et Puna Pau

Ahu Tongariki, les 15 Moais alignés, regardant l'intérieur de l'île. Ils se dressent au pied du volcan Poike et offre un spectacle digne des photos du National Geographic. On ne peut pas en dire grand chose, si ce n'est qu'on ne se lasse pas d'admirer ces silhouettes géantes. 
Ahu Akivi, les 7 Moais, les seuls qui fassent face à la mer. La légende veut qu'ils représentent les 7 explorateurs qui ont découvert l'île suite aux ordres de leur roi, qui les envoya à la recherche de terres nouvelles. Dans la mythologie locale, il y a eu un grand cataclysme qui submergea le continent perdu, Hiva. Les ancêtres, ayant survécu au désastre, pensaient être les derniers hommes sur terre. Mais se rappelant qu'il y avait de grandes montagnes sur le continent perdu, ils envoyèrent des expéditions à la recherche de terres non submergées et c'est ainsi que furent colonisées pour la première fois les îles du Pacifique. 
Puna Pau, la carrière rouge d'où sont extraits les chapeaux qui coiffent certains Moais. Si on ne sait pas pourquoi certaines statues ont un chapeau, ou si c'est un chapeau, on sait au moins d'où ils viennent car on en trouve ça et là sur le site. Et on y découvre aussi une superbe vue sur Hanga Roa.

Ana Te Puha & Ana Kakenga

Il y a plusieurs grottes sur l'île mais j'en retiens surtout deux. 

Ana Te Puha, pas loin du site Ahu Akivi, est la grotte aux bananiers. On la trouve facilement. Elle se compose de deux grandes salles séparées par une fosse où poussent des bananiers. En s'équipant de bonnes chaussures (pas comme nous en tongs) et d'une lampe frontale (ça non plus, on n'avait pas), on peut suivre un ancien tunnel de lave sur une centaine de mètres, et sortir de la grotte par une ouverture dans le plafond. La chance a voulu que nous puissions faire la traversée. Alors que nous étions en train de rebrousser chemin, découragées par le manque de visibilité (eh oui, il fait tout noir), nous rencontrons un français dont Caroline a fait la connaissance dans l'avion, et lui dispose d'une torche. 
Ana Kakenga, la grotte aux deux fenêtres. Le français nous en a parlé, il ne l'a pas trouvée. Défi relevé! Nous voilà parties avec Caroline à la recherche de la grotte, direction Tepeu. Et en effet, l'entrée n'est pas facile à localiser car il s'agit d'un trou dans le sol. Nous cherchons un moment, puis nous repérons un panneau en bois avec une inscription manuscrite grossière. En suivant la flèche, nous tombons sur une ouverture dans le sol. Je me glisse dedans et découvre un couloir qui débouche sur deux ouvertures dans la falaise face à l'océan. Magnifique. En ressortant, nous construisons un cairn pour signaler l'entrée. 

Anakena, l'une des rares plages de l'île

C'est avant goût de la Polynésie, des cocotiers, du sable blanc, des eaux turquoises. En arrière plan, quelques Moais nous tournent le dos. En contre haut, une épicerie et deux snack-bars. On peut facilement y passer la journée en amenant son pique-nique. Mais le charme particulier de cette plage tient aux chevaux en liberté qui se promènent ici et là. 

Terevaka à cheval

Voilà un bon moyen de découvrir le plus haut sommet de l'île. L'ascension se fait facilement à pied, mais il y a beaucoup de chemins, et les touristes qui s'y aventurent ne trouvent pas forcément le sommet. Avec notre guide, nous découvrons le cratère, rempli de jongs et plus haut, la vue imprenable sur toute l'île. On a la tête dans les nuages, littéralement. 

Ce que nous avons manqué: Orongo et Rana Raraku

Lorsqu'on arrive à l'aéroport, on nous demande d'acheter les billets du parc à 60$US. Cet achat n'est pas obligatoire, malgré la pression qu'on nous met. Et si vous refusez de l'acheter à l'aéroport, vous pouvez toujours changer d'avis, car il est disponible ailleurs. Par contre, il donne accès aux deux sites les plus convoités (le reste des sites étant libre d'accès): Orongo, le village ancien en pierre et Rana Raraku, le volcan qui a servi de carrière pour tailler les Moais. Pour ce qui est de la carrière, nous en avons eu un aperçu depuis Ahu Tongariki et c'est peut-être mon seul regret. En y repensant, j'aurais quand même bien aimé voir ces Moais à moitié enfouis ou encore prisonniers de la paroi volcanique. Un prochain voyage... Et pour ce qui d'Orongo, on peut tout de même accéder au sommet du volcan Rana Kao, qui nous dévoile un magnifique cratère. 
Nous quittons Rapa Nui ravies et reposées. Cette île a définitivement quelque chose de magique. Les légendes y sont encore très présentes et il suffit de demander à n'importe quel natif pour qu'il vous raconte sa version de l'histoire. Étonnamment, malgré l'abondance de touristes, on ne les voit pas. Nous nous retrouvons parfois seules face à ses géants de pierre, nous laissant tout le temps de fantasmer sur leur histoire. Pour moi, l'île de Pâques est un petit éden bien préservé où il fait bon faire une escale. 

La légende de l'homme-oiseau

... ou comment les oiseaux arrivèrent sur l'île et donnèrent naissance à la Cérémonie de l'Homme-Oiseau.

Il y a bien longtemps, aucun oiseau ne venait pondre à Rapa Nui. Ni sur l'île, ni sur l'îlot Motu Nui. Un jour, une prêtresse nommée Hitu, vint s'asseoir au bord de la baie Hanga Nui. Posé sur une roche, gisait un crâne humain. Une ombre vint alors balayer la côte emportant le crâne avec elle. Hitu se jeta à l'eau pour s'en saisir mais ne parvint pas à l'atteindre. 

La prêtresse et le crâne nagèrent ainsi jour et nuit vers l'est jusqu'au moment où se dessinèrent à l'horizon les terres de Motu Motiro Hiva (les Iles Sala y Gomez, vers le nord-est). Elles étaient recouvertes du guano blanc des oiseaux marins. C'est alors que le crâne, arrivé sur le rivage, se transforma en dieu Makemake (Divinité principale du panthéon rapa nui). 

Sur Motu Motiro Hiva, vivait le dieu Haua, ami de Makemake. Il reçut Makemake et la prêtresse et leur donna à manger. Ils restèrent là un moment. 
Un jour, Makemake demanda à Haua de lui apporter un couple d'oiseaux. De retour sur Rapa Nui, il les mit en liberté sur la péninsule de Poike (à extrême est de l'île). 

L'année suivante, il revint pour s'assurer que les oiseaux s'étaient multipliés. Mais il constata que les hommes en avaient mangé tous les œufs. Makemake recueillit alors les oiseaux et les emmena à Viahu (au sud de l'île). Lorsqu'il revient, les hommes avaient encore manger les œufs. L'année suivante, il emmena le couple d'oiseaux a Vai a Tare sur les hauteurs du volcan Rano Kau (à l'ouest de l'île). Les hommes laissèrent alors un seul œuf dont naquit le premier oiseau manu-tara (hirondelle de mer) de l'île. 

Pour assurer une meilleure prolifération de ces oiseaux, Makemake revint encore l'année suivante. Il laissa cette fois les oiseaux sur l'îlot Motu Nui où ils purent enfin se reproduire en grand nombre. 

De là, débuta la cérémonie religieuse annuelle du Tangata Manu (L'homme oiseau). Chaque année, au printemps et en l'honneur de Makemake, l'homme qui découvrait le premier œuf de l'année était élevé à l'état de demi-dieu et prenait le titre sacré d'Homme Oiseau.

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Commentaires : 4
  • #1

    Annie Alvarez (samedi, 24 janvier 2015 13:44)

    J'adore toutes ces légendes qui racontent l'histoire des pays divers. On peut émettre des doutes concernant leur histoire, mais aussi s'interroger sur le vrai/faux. C magique et les photos sont splendides !! bizz

  • #2

    papa (dimanche, 25 janvier 2015 11:24)

    belles photos,bonnes explications,belles rencontres,bons repas,on s'y croirait,très sympa cette ile,j'ai vu un reportage a la télé effectivement c'est un roi polynésien battu lors d'une guerre qui a envoyé des hommes rechercher une ile et ils sont arrivé là.il a fallu faire des recherches génétiques
    pour le prouver il n'y a pas si longtemps,voila pour la science .ça nous donne envie de refaire quelques petites escapades.on attend la polynésie avec impatience.
    big bisous

  • #3

    Everett Wiles (samedi, 04 février 2017 10:57)


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  • #4

    Kisha Schwein (samedi, 04 février 2017 13:10)


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