Le manque d'inspiration vs. Le besoin de faire

Je me dis que je veux écrire mais je ne sais pas à propos de quoi… bah du coup, c’est un sujet ça non ?!

Le manque d’inspiration… Le syndrome de la page blanche… Le vide…

 

 

Il est quelquefois où je peux écrire 700, 1000, 3000 mots sans même y prendre garde, ne me demandant aucun effort. Comme s’ils voulaient jaillir de moi. Au détour d’un clic, d’un article ou encore comme l’image de l’ampoule qui s’allume dans mon cerveau, me voilà prenant mon clavier d’assaut (merci l’informatique, tu as rendu cet exercice de rédaction tellement plus facile que le bon vieux stylo sur papier). Et je vois les mots et les lignes s’enchaîner, s’aligner, se coucher sur la page virtuelle de mon écran. Est-ce le sujet qui m’inspire ou est-ce le moment ou bien est-ce les deux conjugués ? Je ne sais pas, mais ça afflue et c’est trop bien. 

Et là, cela fait une semaine que je n’y arrive pas… j’ai calé. Là tout de suite, j’en suis à 180 mots et je lutte pour trouver quoi dire, quoi écrire… l’engrenage est grippé, le moteur au point mort, ça n’avance pas, mon esprit vagabonde et je trouve toutes les excuses du monde pour ne pas écrire et procrastiner : je Facebook, je glandouille, je tapote, j’efface, je relis, je réécris.

 

Pourquoi je me force ?! Parce que j’ai décidé que je voulais un article à publier aujourd’hui, là maintenant tout de suite. Ça n’a pas de sens, ça ne sert à rien et pourtant, je le fais quand même. Je me sens un peu comme cet oiseau qui se prend la vitre plusieurs fois, s’assomme et dès qu’il reprend conscience, percute de nouveau la baie vitrée et s’assomme ou pire, meurt en se brisant la nuque. Et je ne te dis pas la frustration, la démotivation et la colère qui me submergent quand je suis comme ça.

 

Je veux mais je veux pas, je fais mais je fais pas, j’avance en reculant, je progresse en régressant. Je pourrais m’arracher la tête et me jeter sur l’autoroute pour faire la crêpe… je me sens impuissante, inutile, inefficace et je m’énerve d’autant plus. 

J’entends déjà ma coach : Accepte activement ! accepter quoi ? de servir à rien, de rien faire, d’être inutile… ça me saoule rien que d’y penser… et le pire, c’est que je comprends très bien pourquoi elle me dit ça, pourquoi je dois accepter, mais j’y arrive pas, ça marche pas… 

Et je tourne, tourne, tourne en rond comme une bourrique attachée à un piquet, comme un chien pour choper sa queue, comme une girouette dans la tempête. Tu parles d’une image : je me sens poisson rouge dans un bocal…

 

Et là, de nouveau, je la vois venir : Décide ! décide quoi putain ?! Je vois même pas de quoi elle parle.

 

Et ça recommence, je tourne, tourne, tourne comme un carrousel qui a perdu ses freins, comme une toupie sur roulement à billes, comme une hélice dont le moteur s’est emballé. Une boucle infinie qui me donne le tournis, qui me donne envie de vomir. Je perds mon nord, mon sud et tous mes autres repères. Et j’ai juste envie de boire jusqu’à oublier, de fumer jusqu’à embrouiller, de manger jusqu’à dégueuler. Détruire pour ne plus avoir à créer. Mourir pour ne plus avoir à penser. 

 

Et tout me fait profondément chier. Tous et toutes me gavent. Tellement que j’en ai la nausée, ça me fout la gerbe, ça me rend malade de voir, entendre, respirer, vivre. Et j’ai envie de gueuler : « mais foutez-moi la paix ! faites comme si je n’existais pas, comme si je n’étais pas là, comme si je n’étais pas ! » Et j’ai envie de partir, de tout plaquer, de disparaître loin de tout, loin de tout ça, dans un autre monde, un autre univers où il n’y aurait rien, rien que du blanc, rien que moi dans ce blanc. Du silence et du blanc. Tranquille, paisible, figé, mort mais lumineux. Tranquille et paisible. C’est l’appel du rien, du néant, du vide. Là où je n’ai pas mal, où le reste n’existe plus, où je peux n’être que moi, que rien. Sans attente, sans désir, sans envie, sans besoin, sans je-dois, sans il-faut, sans personne, sans rien, juste sans. Et quand je me laisse prendre par ces divagations, je vois l’éclair d’une lame, un flash argenté qui brille et découpe, du rouge qui s’écoule et autant d’apaisement qui en découle. Je vois le stress s’évacuer, le mouvement se ralentir, la douleur disparaître.

 

Comme un film que l’on ralentit petit à petit jusqu’à ce qu’il soit mis sur pause… Stop ! arrêt sur image, silence, fondu blanc ou fondu noir, fin. The End… la paix. 

Mais je sais, je sais que ce n’est qu’un passage à vide, qu’un moment d’égarement, qu’un autre creux d’une des nombreuses vagues qui s’enchaînent et se déchaînent dans ma vie.

 

Et ça m’énerve quand même, ça m’énerve d’autant plus !

 

Parce que je sais que je suis plus, que je suis mieux, que je suis lumière. Et malgré tout, me voilà moins, me voilà pire, me voilà ombre. 

Je respire, j’accepte. Je respire, j’accepte. Si je le dis, si je le répète suffisamment de fois, ça va finir par venir, par se matérialiser.

 

Un mantra : je respire, j’accepte. J’inspire, j’accepte, j’expire, j’accepte.

 

Je ne sais pas ce que j’accepte, mais j’accepte quand même car dans l’acceptation, viendra la libération. Entends la bonne parole : dans l’acceptation, viendra la libération ! Et tu seras Libérée, délivrée ! Private joke « Frozen » : Allez ! Chante avec moi. « Libérée, Délivrée… Je ne mentirai plus jamais ». Oh mais qu’est-ce que je vois poindre là, juste à l’orée de mes lèvres ?! Serait-ce un début de sourire ? Mon cœur s’allège, un peu. 

Et sinon, pour quelqu’un qui avait le syndrome de la page blanche, on en est à 1005 mots. Pas mal en fait, non ?!

 

La morale de l’histoire : quand je suis en manque d’inspiration, ce n’est pas que je ne sais pas quoi dire, quoi faire, quoi écrire… c’est juste que ce que j’ai à dire, faire ou écrire ne me plaît pas et donc je ne veux pas, je ne peux pas l’exprimer et je me sens vide alors qu’en réalité, je déborde.

 

Intéressant, n’est-ce pas ? Et ce sera tout pour le moment… 1086 mots

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Commentaires: 1
  • #1

    Caroline Verdier (vendredi, 25 mai 2018 11:59)

    Haha je l'entends tellement dire "Accepte activement" et "Décide!" :-)
    Super article plein de rebondissements ... si si je t'assure ! Quelle chute : sauvée par Elsa, franchement je l'avais pas vu venir celle-là :-)