Qu'est-ce que la Respiration Holotropique

J’ai toujours été fascinée par les plantes médecines, ce qu’on appelle vulgairement des psychotropes sous nos latitudes dites civilisées. Étudiante, j’ai eu accès à la psilocybine contenue dans les champignons hallucinogènes (je n’aime pas ce terme… je pense que ces substances actives sont des portes vers la perception d’autres mondes mais c’est un autre débat). Je ne vous dirai pas que c’était une expérience spirituelle : qu’on soit clair, à cette époque, j’avais vingt ans, un esprit sauvage et rebelle, bien loin des préoccupations du développement personnel dans la croissance de soi et tout le tralala. Non, en ce temps-là, je faisais comme tous mes potes : je me biturais la gueule toutes les semaines en soirée étudiante, et j’essayais toutes les substances – d’origine naturelle, on va dire que c’est mon côté bio roots qui m’a sauvée des merdes telles que l’exta, la meth, et autres daubes sur le marché, coupées à la javel et à la mort aux rats – qui me passaient sous la main. Je vous raconterai un jour cette période, mais pas maintenant…

 

Douze ans plus tard, je suis toujours aussi fascinée par ces substances pour de nouvelles raisons. Je ne cherche plus à me détruire ou à m’enfuir, mais bel et bien à comprendre et avoir un accès à un autre niveau de conscience (tu te rappelles les portes de la perception ?). Mais comme elles sont très largement interdites, prohibées et difficilement obtenables, j’ai eu tendance à renoncer à leur consommation quand je me trouve dans tous ces pays où la loi de la DEA règne en maître. Tout comme le psychiatre Stanislav Grof qui utilisait le LSD dans les 60’s pour soigner ses patients de la dépression, j’ai cherché d’autres moyens d’obtenir les mêmes résultats qu’avec les plantes. Lui, a mis au point une technique, la respiration holotropique, censée reproduire les effets du LSD et moi, j’ai donc voulu tenter l’expérience. 

J'ai testé la respiration holotropique

Je te raconte comment ça s’est passé : j’arrive dans une petite salle cosy, normalement utilisée par des thérapeutes pour donner des soins. Je suis accueillie par trois personnes qui vont nous encadrer. Nous sommes quatre à participer, deux novices dont moi et deux récidivistes (je me dis que si les gens recommencent, c’est qu’ils y ont clairement trouvé un intérêt). Le groupe (donc sept au total) s’installe en cercle, assis au sol et nous faisons un tour pour nous présenter. Puis pour ancrer un environnement décomplexé et sécurisé, nous chantons tour à tour nos prénoms. C’est doux et accueillant. Nous sommes bien, nous pouvons commencer. Chacun d’entre nous rejoint un matelas qui lui est destiné. Je m’allonge et on nous explique ce qu’il faut faire : rien de très compliqué, on respire à fond de plus en plus rapidement pour passer en hyperventilation, ce qui nous permet d’entrer en état modifié de conscience et potentiellement avoir accès à des visions. Et c’est parti.

 

 

La musique est lancée à fond, cent vingt décibels dans ta gueule, des rythmes endiablés et des percussions qui me font vibrer. J’inspire, j’expire, je remplis et vide des poumons au maximum de ma capacité en accélérant toujours plus la cadence. Finalement, je n’en peux plus, je lâche. Je suis dans le noir (bah oui j’ai les yeux fermés) et rien ne se passe. Je suis tranquille, la musique est toujours là à fond, mais me paraît plus lointaine. Et soudainement, je sens une pression au niveau de mes pieds (c’est une des accompagnatrices qui m’aide à franchir la porte) et là, les larmes affluent. Je ne sais pas pourquoi mais mes sanglots sont bien réels. Je laisse aller et ils s’apaisent d’eux-mêmes au bout d’un certain temps. Quand le silence revient totalement (dans ma tête car la musique est toujours présente), je suis projetée dans un autre monde.

Je te raconte ma vision : je suis en train de me préparer dans une tente. On dirait les tentes de commandement des armées romaines, comme dessinées dans Astérix mais avec une toile noire. Je suis en train d’ajuster mes canons d’avant-bras. Je sais qu’une grande bataille est sur le point de commencer et ça ne m’enchante guère. Je n’ai vraiment pas envie d’y aller mais c’est comme ça, je n’ai pas le choix, je suis Commandant. Alors que j’entends un brouhaha au loin qui annonce la lutte prochaine, je sors de ma tente, enfile mon casque et saute sur l’immense étalon noir que le palefrenier amène devant moi. Arrivée sur le front, je prends place sur la première ligne devant mes troupes. Puis les cors sonnent le début de l’affrontement. Je m’élance sans hésiter au grand galop, la lance bien tendue vers l’avant et le carnage commence. Je frappe, j’esquive, j’empale, je tranche, je découpe, j’arrache. Des membres volent, des têtes aussi. Du sang, toujours plus du sang, inonde la terre. Les soldats tombent les uns après les autres, et les morts s’accumulent sous mes pieds, jusqu’à former une colline. La bataille est finie, je suis au sommet de cette colline de cadavres, tenant encore quatre corps sans vie enfilés sur ma lance comme une brochette de poulet aux fines herbes, sans les herbes. Je suis la seule encore debout et je domine de toute ma hauteur ce spectacle macabre. Ça sent la mort, le sang, la fumée. Le champ de bataille s’étend sur des kilomètres à la ronde. Tout est désolé. Mon visage se pare d’un sourire sans joie : je suis encore en vie, je suis tellement puissante et encore une fois, survivante dans une guerre dont je ne comprends pas le sens. Je suis une guerrière mais je suis fatiguée de tous ces combats. Je me bats toujours mais je sais plus pourquoi et pourtant, je suis toujours là, sans conviction. Ça me blase… Ma vision s’estompe, je reviens dans la salle. Lorsque nous sommes tous là, nous prenons un temps pour boire un thé et débriefer l’expérience. 

Je ne te dirai pas comment j’ai interprété ma vision pour moi car c’est un work-in-progress. Par contre, je peux te dire que la respiration holotropique est une méthode qui permet de court-circuiter le mental et permet d’accéder relativement facilement à un état modifié de conscience où la vision est claire et lucide. L’avantage, c’est le contrôle que l’on garde et l’absence d’agent extérieur pour générer la situation, à l’inverse des plantes médecines. C’est aussi son désavantage, car un mental trop fort ne pourra pas être inhibé aussi bien qu’avec l’action chimique. Personnellement, j’ai apprécié la démarche même si cela n’a rien à voir avec l’expérience psychotrope comme je la connais. Je décrirais la respiration holotropique comme un voyage chamanique (rêve lucide) en ayant fumé un gros joint, sans le stone du pète. Beaucoup de témoignages parlent de revivre sa naissance. Je te laisse faire tes propres recherches à ce sujet, si cela t’intéresse. 

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Commentaires: 1
  • #1

    Riri13 (samedi, 07 avril 2018 10:50)

    Tout ce que je constate dans tes écrits sur le sujet psychotrope ou autre méthode c'est que ça détruit les neurones ce n'est pas comme cela que l'on peut s'aimer soi-même encore moins les autres car lorsque l'on s'aime soi-même on ne détruit pas l'amour que tu conseil à tout le monde c'est vraiment aller chercher des problèmes potentiels alors que la vie qui est bien courte on doit croquer dedans sans se faire des nœud aux boyaux de la tête enfin moi je préfère donner de l'amour aux autres et surtout à mes proches de ne pas me regarder le nombril s'aimer soi-même n'est pas mon truc